‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 385 sur 788 · I.lloNriNE · texte numérisé non relu

I.lloNriNE

Lliouiiiie le plus uu'ciiaut que la nature ail fait.

Exuriiiu:.

Ce qui passe à vos yeux pour une pi;i'lidie...

iiiii.NTi.Nr:.

Caelie une iiitenlion fort noble et fort hardie!

EXCI'Kr.E.

Poiivcz-vous en juger, puisque vous l'Ignorez?

Considérez l'état de tous nos conjurés.

Il n'est aucun de nous à qui sa violence

N'ait donné trop de lieu d'une juste vengeance:

Et, nous en criiyajil tons dans notre âme indignés,

Le tyran du jialais nous a tous éloignés.

11 y fallait rentrer par quelque grand service.

LÉOMINC.

El lu crois m'élilûuir avec cet artifice?

E.\ui'i;r,E.

Madame, apprenez tout. Je n'ai rien hasardé. Vous savez de quel nombre il est toujours gardé; Pouvions-nous le surprendre ou forcer les cohortes Oui de jour et de nuit tiennent toutes ses portes? Pouvions-nousmieuxsansbruitnousapprocherdelui? Vous voyez la posture où j'y suis aujourd'hui : 11 me parle, il m'écoute, il me croit; et lui-même Se livre entre mes mains, aide à mon stratagème. C'est par mes seuls conseils qu'il veut publiquement Du prince Uéraclius faire le châtiment; (lue sa milice, éparse à chaque coin des rues, A laissé du palais les portes presque nues : Je puis en un moment m'y rendre le plus fort; Mes amis sont tout prêts : c'en est fait, il est mort; Et j'userai si bien de l'accès qu'il me donne, Qu'au-v pieds d'IIéraclius je mettrai sa couronne. Mais après mes desseins pleinement découverts. De grâce, faites-moi connaître qui je sers; Et ne le cachez plus à ce cœur qui n'aspire Qu'à le rendre aujourd'hui niattre de tout l'empire.

LÉOMINE.

Esprit lànhe et grossier, quelle brutalité Te fait juger en moi tant de crédulité? A'a.'d'un piège si lourd l'appât est inutile, Traître, et si tu n'as point de ruse plus subtile...'

E\urÈnE.

Je vous dis vrai, madame, et vous dirai de plus...

* LÉOSÏINE.

Ne me fais point ici de coules superflus : L'effet â tes discours ùte toute croyance.

EXlirÈllE.

Eh bien, demeurez donc dans votre di'fiance. Je ne demande plus et ne vous dis plus rien; Cardez votre secret, je garderai le mien. Puisijue je passe encor pour homme â vous séduire, Venez dans la prison où je vais vous conduire : Si vous ne me croyez, craignez ce que je puis. Avant la lin du jour vous saurez qui je suis.

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