‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 384 sur 788 · LÉONTINE · texte numérisé non relu

LÉONTINE

Je m'en consolerai quand je verrai l'hocas (!roire affermir son sceptre en se coupant le bras, Kt de la même main sou ordre tyranniiiue \'eiiger lli'raclius dessus son fils- unique.

PIIOCAS.

Ouelle reconn:iissance. ingrate! tu me rends Des bienfaits répandus sur loi. sur tes parents. De l'avoir confié ce iils que lu me caches, D'avoir mis en tes mains ce cœur que tu m'arraches, D'avoir mis à les pieds ma cour qui t'adorait! Rends-moi mon fils, ingrate! ^

LÉO.XTI.X'E. W

Il m'en désavouerait.

Et ce fils, quel qu'il soit, (jne lu ne peux connaître, A le cœur assez bon pour ne vouloir pas l'être. Admire sa vertu qui trouble ton repos.

C'est du fils d'un tyran que j'ai fait ce héros; Tant ce qu'il a reçu d'heureuse nourriture Dompte ce mauvais sang qu'il eut de la nature! C'est assez dignement répondre à tes bienfaits Que d'avoir dégagé ton fils de tes forfaits. Séduit par ton exemple et par sa- complaisance, Il l'aurait ressemble, s'il eût su sa naissance : Il serait lâche, impie, inhumain comme toi! Et tu me dois ainsi plus que je ne te doi.

EXCPÈKE.

L'impudence et l'orgueil suivent les imposlures. .Ne vous exposez plus à ce torrent d'injures, Qui, ne faisant qu'aigrir votre ressentiment. Vous donne peu de jour pour ce discernement. Laissez-la-moi, seigneur, quelques moments en garde, l'uisque j'ai commencé, le reste me regarde : .Malgré l'obscurité de son illusion.

J'espère démêler cette confusion.

Vous savez à quel point l'affaire m'intéresse.

PIIOCAS.

Achève, si tu peux, par force ou par adresse,

Exnpëre ; et .sois sûr que je te devrai tout

Si laideur de ton zèle en peut venir à bout. *

Je saurai cependant prendre à part l'un et l'autre;

Et peuf-êlre qu'enfin nous trouverons le notre.

Agis de ton côté; je la laisse a\ec toi :

Gêne, fialte, suipieuds. Vous auti'es, suivez-moi.

SCKNE V

EXLTÈI'.E, LÉ0.\TI>;E.

e.xupèhe.

On ne peut nous entendre. 11 est juste, madame. Que je vous ouvre enfin jusqu'au fond de mon âme; C'est passer trop longtemps pour traître auprès de vous. Vous haïssez l'bocas; nous le ba'issons tous...

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