SCÈNE IV
l). KLVIIŒ, CARLOS.
D. ELvmE.
Ahl Carlos, car j'ai peine à vous nommer marquis,
Non qu'un titre si beau ne vous soit bien acquis.
Non qu'avecque justice ii ne vous appartienne,
Maisparcequil vous vient d'autre main que la mienne.
Et que je présumais n'appartenir qu'à moi
D'élever votre gloire au rang où je la voi.
Je me consolerais toutefois avec joie
Des faveurs que sans moi le ciel sur vous déploie,
Et verrais sans envie agrandir un héros, .
Si le marquis tenait ce qu'a promis Carlos,
S'il avait comme lui son bras à mon service.
Je venais à la reine en demander justice;
Mais, puisque je vous vois, vous m'en ferez raison.
Je vous accuse donc, non pas de trahison. Pour un cœur généreux celte tache est trop noire. Mais d'un peu seulement de manque do mémoire.
CABLUS.
Moi, madame?
D. ELVIBE.
Ecoutez mes plaintes en repos.
Je me plains du marquis, et non pas de Carlos, •♦ Carlos de tout son cœur me tiendrait sa parole : Mais ce qu'il m'a donné, le marquis me le vole; C'est lui seul qui dispose ainsi du bien d'aulrui Et prodigue son bras quand il n'est plus à lui. Carlos se souviendrait que sa haute vaillance Doit ranger don (ianie à mon obéissance; (Ju'elle doit affermir mon sceptre dans ma main; Qu'il doit m'accompagner peut-être dès demain : .Mais ce Carlos n'est plus, le marquis lui succède. Qu'une autre soif de gloire, un autre objet possrdo. Et qui, du même bras qui m'engageait sa foi. Entreprend trois combats pour une autre que moi. Hélas! si ces honneurs dont vous comble la reine Héduisent mon espoir eu une attente vaine; Si les nouveaux desseins que vous en concevez Vous ont fait oublier ce que vous me devez, liendez-lui ces honneurs qu'un tel oubli profane, liendrz-lui Penalicl, Burgos Bt Santillane;