CAI-.I.OS
Je suis bien malheureux si je vous fais pitié;
Reprenez votre orgueil et votre inimitié.
Après que ma fortune a scûIé votre envie.
Vous plaignez aisément mon entrée à la vie;
Et, me croyant par elle à jamais abattu,
Vous exercez sans peine une haute vertu.
Peut-être elle ne fait qu'une embûche à la mienne :
La gloire de mon nom vaut bien qu'on la reiiennc?
.Mais son plus bel éclat serait trop acheté,
Si je le retenais par une lâcheté.
Si ma naissance est basse, elleest du moins sans tache :
Puisque vous la savez, je veux bien qu'on la sache.
Sanche, fils d'un pêcheur et non d'un imposteur. De deux comtes jadis fut le libérateur; Sanche, lils d'un pêcheur, mettait naguère en peine Deux illu^lres rivaux sur le choix de leur reine; Sanche, fds d'un pêcheur, tient encore en sa main De quoi faire bientôt tout l'heur d'unsouverain ; Sanche, enfin, malgré lui, dedans cette province. Quoique fils d'un pêcheur, a passé pour un princa.
Voilà ce qu'a pu faire et qu'a fait à vos yeux lu cœur que ravalait le nom de ses aïeux. La gloire qui m'en reste après celte disgrâce Eclate encl.re assez pour honorer ma race, El paraîtra plus grande à qui comprendra bien Qu'à l'exemple du ciel j'ai fail beaucoup de rien.