‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 431 sur 788 · D. I.C.PE · texte numérisé non relu

D. I.C.PE

Celle noble fierté désavoue un tel père.

Et, par un témoignage à soi-même contraire.

Obscurcit de nouveau ce qu'on voit éclairci.

Non, le fils d'un pêcheur ne jiarle point ainsi.

Et son âni' paraît si dignement formée.

Que j'en crois plus que lui l'erreur que j'ai semée.

Je le soutiens, Carlos, vous n'êtes point son lils :

La justice du ciel ne peut l'avoir permis;

Les tendresses du sang vous font une imposture.

DON SA.\C!1E D'AIIAGON.

Et je démens pour vous la voix de la iialiii'c. INe vous rcpi'iitrz point de tant de di^^nitos Dont il vous plut orner ses rares qualités : Jamais plus digne niaiti ne fit plus digne ouvrage. Madame; il les relève avec ce grand courage; Et vous ne leur [xuiviez trouver [)lus liant appui, Puisque même le sort est au-dessous de lui.

D. ISABliU.E.

La générosité qu'en tous les trois j'admire Me met en un état de n'avoir que leur dire, Et dans la nouveauté de ces événements. Par un illustre effort prévient mes sentiments

Ils paraîtront en vain, comtes, s'ils vous e\cileiil A lui rendre l'honneur que ses hauts faits méritent, Et ne dédaignez pas l'illustre et rare objet D'une liante valeur qui part d'un sang abject : Vous courez au-devant avec tant de franchise. Qu'autant que du pêcheur je m'en trouve surprise.

Et vous, que par mon ordre ici j'ai retenu, Sanche, puisqu'à ce nom vous êtes reconnu, Miraculeux-.héros, dont la gloire refuse L'avantageuse erreur d'un peuple qui s'abuse. Parmi les dé|)laisirs que vous en recevez, Puis-je vous consoler d'un sort que vous bravez? Puis-je vous demander ce que je vous vois faire'? Je vous tiens malheureux d'ètiv né d'un tel père; Mais je vous tiens ensemble heureux au dernier point D'être né d'un tel père et de n'en rougir jioint. Et de ce qu'un grand cœur mis dans 1 autre balance, Emporte encor si haut une telle naissance.

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