‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 460 sur 788 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

rnisiAs, M(!oMi';iii:, ahaspic

riasiAS.

Kicomède, en deu.\ mots, ce désordre me fàclie. (luoi (lu'ou t'ose imputer, je ne te crois point lâche. Mais donnons quelque chose à Rome qui se plaint. Et tâchons d'assurer la reine qui te craint. J'ai tendresse pour toi, j"ai passion pour elle : Et je ne veux pas voir cette haine éteini'lle, Ki (]ne des sentiments que j'aime à voir dur.r Ne régnent dans mon cœur que pour le déchirer, .j'y veux mettre d'accord l'amour et la nature. Etre père et mari dans cette conjoncinro...

KICOMÈHE.

Seigneur, voulez-vous bien vous en lier à moi? Ke soyez l'un ni l'autre.

pr.usMs.

Et que dois-je élre?

KIC051ÈDK.

Roi.

Reprenez hautement ce nohle caractère.

Ln véritable roi n'est ni mari ni père; Il regarde son trône, et rien de plus. Régnez: Rome vous craindra plus que vous ne la craignez. Malgré celte puissance et si vaste et si grande. Vous pouvez déjà voir comme elle m'appréhende. Combien en me perdant elle espère gagner. Parce qu'elle prévoit que je saurai régner.

rnusiAs.

Je règne donc, ingrat! puisque lu me l'ordonnes; Choisis ou Laodice ou nies quatre couronnes : Ton roi fait ce partage entre ton frère et toi; Je ne suis plus ton ptre, obéis à ton roi.

MCOMliDE.

Si vous étiez aussi le roi de Laodice, Pour l'offrir à mon choix avec quelque justice, Je vous deniamlerais le loisir d'y penser*^ , Mais enfin pour vous plaire, et ne pas l'offenser, J'obéirai, seigneur, sans répliques frivoles, A vos intentions, et non à vos paroles.

A ce frère si cher transportez tous mes droits. Et laissez Laodice en liberté du choix. Voilà quel esl le mien .

rnisiAs.

Quelle bassesse d'àrae !

Quelle Inieur t'a\en;;le en faveur d'une femme! Tu la i>rél'ires, làchel à ces prix glorieux Que ta valeur unit an bien de tes aïeux! Après celle infamie es-tu digne de vivre'.'

MCOJliiliE.

Je crois que votre exemple est glorieux à suivre : Ne préférez-vous pas une femme à ce lils Par (jui tous ces Étals aux vôtres sont unis?

rncsiAs.

Me vois-tu renoncer pour elle au diadème?

MCOMÈDE.

Me voyez-vous pour l'autre y renoncer inoi-nième'' Que eédé-je à mon frère en cédant vos Etals? Ai-je droit d'y prétendre avant votre Irépas? Pardonnez-moi ce mol. il e>t fâcheux ;'i dire : Mais un monarque eiilin comme un autre homnie ex- Et vos peuples alors, ayant besoin d'un roi, [[lire : Voudront choisir peut-être entre ce prince et moi.

Seigneur, nous n'avonspas si grande ressemblance, Qu'il faille de bons yeux pour y voir diftérence; Et ce vieux droit d'aînesse est souvent si puissant, Que pour remplir un trône il rappelle un absent. Que si leurs seniinienls se règlent sur les vôtres. Sous le joug de vos lois j'en ai bien rangé d'aulres; Et, dussent vos Romains en être encor jaloux, Je ferai bien pour moi ce que j'ai fait pour vous.

l'HUSIAS.

J'y donnerai bon ordre.

NICOMÈIiE.

Oui, si leur artifice De votre sang par vous se fait un sacrifice; Autrement vos Étals à ce prince livrés iVe seront en ses mains qu'autant que viuis vivrez. Ce n'est point en secret que je vous le déclare; Je le dis à lui-même, afin qu'il s'y prépare : Le voilà qui m'entend.

PRDSIAS.

Va, sans verser mon rang.

Je saurai bien, ingrat! l'assurer en ce rang; Et demain...

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