‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 48 sur 788 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

LE COMTE, U. RODIUGUE

D. ROIjmGLE.

A m<ii, comte, deux mots.

LE CO.MIE

Parle.

B. RODr.lGl'E.

Ole-niui d'un doute.

Connai.s-tu bien don Diègue?

LE COMTE

Oui.

D RODRIGUE

Parlons bas; écoute.

Sais-tu que ce vieillard fut la même vertu, La vaillance et Ihonneur de son temps? le sais-tu?

LE COMTE

Peut-être.

D. RODRIGUE

Cette ardeur que dans les yeux je porte, Sais-tu que c'est son sang? le sais-tu?

LE COMTE

Que m'importe?

D. RODRIGUE

A quatre pas d'ici je te le fais savoir.

LE COMTE

Jeune présomptueux I

D. RODRIGUE

Parle sans t'émouvoir.

Je suis jeune, il est vrai; mais aux âmes bien nées La valeur n'attend jioint le nouibre des années.

LE COMTE

Te mesurer à moi ! qui t'a rendu si vain ! Toi qu'on n'a jamais vu les armes à la main ?

D. RODRIGUE

Mes pareils à deux fois ne se font point connaître, Et pour leurs coups d'essai veulent des coups de mai- LE COMTE. jtre.

Sais-tu bien qui je suis?

D. RODRIGUE

Oui; tout autre que moi Au seul bruit de ton nom pourrait trembler d'effrui. Les palmes dont je vois ta tète si couverte Semblent porter écrit le destin de ma perte. J'attaque en téméraire un bras toujours vainqueur; ■Mais j'aurai trop de force, ayant assez de cœur. A qui venge son père il n'est rien d'impossible.

Ton bras est invaincu ', mais non pas in\incilili>.

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