I.E COMTE
Ce grand cœur qui paraît aux discours que tu tiens
Par tes yeux, chaque jour, se découvrait aux miens ;
Et, croyant voir en toi l'honneur de la Castille,
Mon âme avec plaisir te destinait ma fille.
Je sais la passion, et suis ravi de voir
Que tons ces mouvements cèdent à ton devoir;
Qu'ils n'ont poiut affaibli celte ardeur magnanime;
Que ta haute vertu répond à mon estime;
Et que, voulant pour gendre un cavalier parfait,
Je ne me trompais point au choix que j'avais fait.
.Mais je sens que pour toi ma pitié s'intéresse;
J'admire ton courage, et je plains la jeunesse.
.Ne cherche point à faire un coup d'essai fatal:
Dispense ma valeur d'un combat inégal;
Trop peu d'honneur pour moi suivrait celle vicloiro.
.V vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
On te croirait toujours abattu sans efforts;
Et j'aurais seulement le regret de ta mort.
D. RODRIGUE
D'une indigne pitié ton audace est suivie :
Qui m'ose ôler Ihonneur craint de m'ôterla vie!
LE COMTE
Retire-toi d'ici.
D. RODRIGUE
Marchons sans discourir.
LE COMTE
Es-tu si las de vivre?
D. RODRIGUE
As-tu peur de mourir?
LE COMTE
Viens, lu fais ton devoir, et le fils dégénèiv Qui survit un moment à l'houneur de son père.
I,'IM■A^TK, CIllMÈNE, LÉONOU
l'i.nfame.
Apaise, ma Chiméne, apaise ta louleur; Fais agir la constance en ce coup de malheur; Tu reverras le calme après ce faible orage; Ton bonheur n'est couvert que d'un peu de nuage, Et tu n'as rien perdu pour le voir différer.