‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 49 sur 788 · I.E COMTE · texte numérisé non relu

I.E COMTE

Ce grand cœur qui paraît aux discours que tu tiens

Par tes yeux, chaque jour, se découvrait aux miens ;

Et, croyant voir en toi l'honneur de la Castille,

Mon âme avec plaisir te destinait ma fille.

Je sais la passion, et suis ravi de voir

Que tons ces mouvements cèdent à ton devoir;

Qu'ils n'ont poiut affaibli celte ardeur magnanime;

Que ta haute vertu répond à mon estime;

Et que, voulant pour gendre un cavalier parfait,

Je ne me trompais point au choix que j'avais fait.

.Mais je sens que pour toi ma pitié s'intéresse;

J'admire ton courage, et je plains la jeunesse.

.Ne cherche point à faire un coup d'essai fatal:

Dispense ma valeur d'un combat inégal;

Trop peu d'honneur pour moi suivrait celle vicloiro.

.V vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

On te croirait toujours abattu sans efforts;

Et j'aurais seulement le regret de ta mort.

D. RODRIGUE

D'une indigne pitié ton audace est suivie :

Qui m'ose ôler Ihonneur craint de m'ôterla vie!

LE COMTE

Retire-toi d'ici.

D. RODRIGUE

Marchons sans discourir.

LE COMTE

Es-tu si las de vivre?

D. RODRIGUE

As-tu peur de mourir?

LE COMTE

Viens, lu fais ton devoir, et le fils dégénèiv Qui survit un moment à l'houneur de son père.

I,'IM■A^TK, CIllMÈNE, LÉONOU

l'i.nfame.

Apaise, ma Chiméne, apaise ta louleur; Fais agir la constance en ce coup de malheur; Tu reverras le calme après ce faible orage; Ton bonheur n'est couvert que d'un peu de nuage, Et tu n'as rien perdu pour le voir différer.

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