‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 488 sur 788 · VIRI.VTE, PERPENNA, AUFIDE, TIIAMIRE · texte numérisé non relu

VIRI.VTE, PERPENNA, AUFIDE, TIIAMIRE

VIRIATE

Vous m'aimez, Perpenna; Sertorius le dit :

Je crois sur sa parole et lui dois tout crédit.

Je sais donc votre amour; mais tirez-moi de peine :

Par où prétendez-vous mériter une reine,

A quel titre lui plaire, et par quel charme un jour

Obliger sa couronne à payer votre amour?

PERrEN-NA.

Par de sincères vœux, par d'assidus services.

Par de profonds respects, par d'humbles sacrifices;

Et, si quelques effets peuvent justifier...

VIRIATE

Eh bien, qu'êtes-vous prêt à lui sacrifier?

PERPEXNA.

Tous mes soins, tout mon sang, mon courage, ma vie.

VIRIATE

Pourriez-vous la servir dans une jalousie?

PERPE.XXA.

Ah! madame!...

VIRIATE

A ce mot en vain le cœur vous bat; Elle n'est pas d'amour, elle n'est que d'Étal. J'ai de l'ambition, efrmon orgueil de reine Ne peut voir sans chagrin une aulre souveraine Qui, sur mon propre liône à mes yeux s'élevant, t Jusque dans mes Etats prenne le pas devant. Sertorius y règne; si dans tout notre empire Il dispense des lois où j'ai voulu souscrire, Je ne m'en repeus point, il en a bien usé; Je rends grâces au ciel qui l'a favorisé'. Mais, pour vous dire enfin de quoi je suis jalouse, ,

SERTOniUS.

HiiL'l rnng puis-je giirdcr aiiprf-s do snn épouse?

Aiislii' y pi-L-U'iid, et l'olTre qu'clli' fait.

Ou que l'on fait pour elle, en assure l'effel. '

Délivrez nos climats de cette vagabonde,

Qui vient par son exil troubler un autre monde;

Et i'orcez-lttsans bruit d'iionorer d'autres lieux

De cet illustra objel qui nie blesse les yeux.

Assez d'autres Etats lui prêteront asile.

l'Elil'li.NNA.

Quoi que vous m'ordonniez, tout nie sera facile :

ilajs, quand Sertorius ne l'épousera pas,

Un autre hymen vous met dans le même embarras.

Et qu'importe, après tout, d'un autre ou d'Arislie,

Si...

ïiniATK.

Rompons, Perpenna, rompons celte partie; Donnons ordre au présent; et, quant à l'avenir. Suivant l'occasion nous saurons y fournir. Letemjisest un grand maître, il règle bien des choses. Enfin je suis jalouse et vous en dis les causes. Voulez-vous me servir?

PERPENNA

Si je le veux? j'y cours.

Madame, et meurs déjà d'y consacrer mes jours. Mais ponrrai-je espérer que ce faible service Attirera sur moi quelque regard propice, Que le cœur attendri fera suivre....

VIRUTE.

^ Arrêtez, Vous porteriez trop loin des vœux précipités. Sans doute un tel service aura droit de me plaire; Mais laissez-moi, de grâce, arbitre du salaire : Je ue suis point ingrate et sais ce que je dois; Et c'est vc*s*tlire assez pour la première fois. Adieu.

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