A[',IST1E
Après tétre immolé chez toi ton général. Toi, que faisait trembli'i- l'ombre d'un tel rival. Lâche, tu viens ici braver encor des femmes, Vanter insolemment les détestables flammes, T'emparer d'une reine en son propre palais. Et demander sa main pour prix de tes forfaits! Crains lesdieux, scélérat; crains les dieux ou Pompée; Crainsleurhaine, ou son bras, leur fond re,ousonépéc, Et, quelque noir orgueil qui te puisse aveugler. Apprends qu'il m'aime encore, et commence à trem-
[bler.
Tu le verras, méchant, plus tôt que tu ne penses; Attends, "attends de lui tes dignes récompenses.
PURrENX*.
S'il en croit votre ardeur, je suis siir du trépas; Mais peut-être, madame, il ne l'en croira pas; Et, quand il me verra commander une année Contre lui tant de fois à vaincre accoutumée. Il se rendra facile à conclure une paix (lui faisait dés tantôt ses plus arilenls souhaits. J'ai même entre mes mains un assez bon otage. Pour faire mes Iraiti'S avec quelque avantage. Cependant vous pourriez, pour votre heuret le mien, .Ne parler pas si haut â qui ne vous dit rien. Ces menaces en l'air vous donnent trop de peine. Apres ce que j'ai fait, laissez faire la reine; El, sans blâmer des vœux qui ne vont point à vous. Songez à regagner le cœur de votre époux.
VIP.IATE.
(lui, madame, en effet c'est à moi de répondre, Et mon silence ingrat a droit de me confondre. Ce généreux exploit, ces nobles sentiments, .Mérilent de ma part de hauts remercîments : Les différer encor, c'est lui faire injustice.
il m'a rendu sans doute un signalé service; Mais il n'en sait encor la grandeur qu'à demi. Le grand Sertorius fut son parfait ami. Apprenez-le, seigneur (car je me persuade IJue nous devons ce titre à votre nouveau grade; Et pour le peu de temps qu'il pourra vous durer, Il me coûtera peu de vous le déférer); Sachez donc que pour vous il osa me déplaire. Ce héros; qu'il osa mériter ma colère; *
Que malgré son amour, que malgré mon courroux, Il a fait tous efforts pour me donner à vous; Et qu'à moins qu'il vous plût lui rendre sa parole, Tout uion dessein n'était qu'une atteinte frivole; iju'il s'obstinait pour vous au refus de ma main.
ARISTIE
Et tu peux lui plonger un poignard dans le sein! Et ton bras...
VItUATE.
Permettez, madame, que j'estime La grandeur de l'amour par la grandeur du crime. Chez lui-même, à sa table, au milieu d'un festin, D'un si parfait ami devenir l'assassin, Et de son général se faire un sacrifice. Lorsque son amitié lui rend un tel service; Renoncer à la gloire, accepter pour jamais L'infamie et l'horreur qui suit les grands forfaits; Jusqu'en mon cabinet porter sa violence. Pour obtenir ma main, m'y tenir sans défense; Tout cela d'autant plus fait voir ce que je doi A cet excès d'amour qu'il daigne avoir pour moi ; Tout cela montre une âme au dernier point charmée : Il serait moins coupable à m'avoir moins aimée; Et, comme je n'ai point les sentiments ingrats, Je lui veux conseiller de ne m'épouser pas. Ce serait en son lit mettre son ennemie, Pour être à tous moments maîtresse de sa vie; Et je me résoudrais à cet excès d honneur. Pour mieux choisir la place â lui percer le cœur.
SEI'iTOliirS.
Seigneur, voilà l'eCtel de mu reconnaissancn. Du reste, ma personne est «n votre puissance : Vous êtes maître ici, commandez, disposez. Et recevez enfin ma main, si vous l'osez.
l'IilU'tNNA.
Moi.' si je l'oserai! Vos conseils magnanimes
Pouvaient perdre moinsd'art à inï'taler mes crimes :
J'en connais mieux qm.' vous toute l'énormité,
Et pour la bien connaître ils m'ont assez coûté.
On ne s'attache point, sans un remords bien rude,
A tant de perfidie et tant d'ingratitude :
Pour vous je l'ai dompté, pour vous je l'ai détruit;
J'en ai l'ignominie et j'en aurai le fruit.
Menacez mes forfaits et proscrivez ma tète.
De ces mêmes forfails vous serez la conquête;
I?t, n'eût tout mon bonheur que deux jours à durer,
Vous n'avez dés demain qu'à vous y préparer.
J'acceiUe votre Uaine et l'ai bien méritée;
.l'en ai prévu la suite et j'en sais la portée.
Mon triomjihe...