‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 512 sur 788 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

VINIUS, LiTIIO.N', PLAUTINE.

PLAOIINE.

i\on pas, seigneur, non pas ; quoi que le ciel m'envoie Je ne veux rien tenir d'une honteuse voie; Et cette lâcheté qui me rendrait son cœur Sentirait le tyran, et non pas l'empereur. A votre sûreté, puisque le péril presse, J'immolerai ma flamme et toute ma tendresse; Et je vaincrai l'horreur d'un si cruel devoir Pour conserver le jour à qui me l'a fait voir : Mais ce qu'à mes désirs je fais de violence Fuit les honteux appas d'une indigne espérance; Et la vertu qui dompte et bannit mon amour X en souffrira jamais qu'un vertueux retour.

OTlKiX.

Ah! que cetli' vi>rlu m'apprêlc un dur snpplii-c, Seifineur; et li; itioyi'u ijiio jt; vous oIhnssi'? \'oyez; et, s"il se peut, pour voir toutuiou touriEioiil, (Juittez vos yeux de père et prenez-en d'amant.

VIMUS.

li "estime de mon sang ne m'est jias interdite;

Je lui vois des altrails, je lui vois du mérite;

Je crois qu'elle en a même assez pour en^'ager,

Siiiiielqu'un nous perdait, quelque au Ire à nous ven-

l'arlà nos ennemis la tiendront redoutable; [ger.

El sa perle par là devient inévitable.

Je vois de plus, seigneur, que je n'obtiendrai rien,

Tajit que votre œil blessé rencontrera le sien.

Que le temps se va perdre en répliques frivoles;

Kl, pour les éviter. J'achève en trois paroles.

M vous manquez le trône, il faut périr tous trois.

Prévenez, attendez cet ordre à votre dioix.

Je me remets à vous de ce qui vous regarde;

Mais en ma fille et moi ma gloire se hasarde;

lie ses jours et des miens je suis matlre absolu ;

Kl j'en disposerai comme j'ai résolu.

Je ne crains ])ùint la mort, mais je hais l'infamie

D'en recevoir la loi d'une main ennemie;

Kt je saurai verser tout mon sang en llomain

Si le choix que j'attends ne me retient la main.

C'est dans une heure ou deux que Galba se déclare.

Vous savez l'un et l'autre à quoi je me prépare,

Piésûlvez-ea ensemble.

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