‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 550 sur 788 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

PLAITINK, FI AVIi:.

ru VIE.

Vous dire que du ciel la colère irritée. Ou plulùl du destin la jalouse fureur...

rLAl'TI>E.

Anraient-ils mis Olhon aux fers de l'empereur? Et, dans ce grand succès, la fortune inconstante Aurait-elle trompé notre plus douce attente?

FLAVIE

Ollion est libre, il régne; et toutefois, liélas!...

PIAITIXE.

Serait-il si blessé, qu'on craignît son trépas?

FLAVIE

Non, partout à sa vue ou a mis bas les armes; Mais enfin son bonheur vous va coûter des larmes.

PLAUIISE.

Explique, explique donc ce que je dois pleurer.

FLAVIE

Vous voyez que je tremble à vous le déclarer.

PLUTINE.

Le mal est-il si grand?

FLAVIE

D'un balcon chez mon frère, .l'ai vu... Que ne peut-on, madame, vous le taire! Ou qu'à voir ma douleur n'avez-vous deviné (Jue Vinius...

PLAITIXE.

Eh bien?

FLAVIE

Vient d'être assassiné!

tlautine.

Juste ciel!

FLAVIE

De Lacus l'inimitié cruelle...

FLALIIXE.

0 d'un trouble inconnu présage trop fidèle! Lacus...

FLAVIE

C'est de sa main que part ce coup fatal. Tous deux près de Galba inarcliaioiil d'un pas égal, Lorsque, tournant ensemble à la première rue. Ils découvrent Otiion maître de l'avenue. (!et effroi ne les fait reculer quelques pas (Jue pour voir ce palais saisi par vos soldats; Et Lacus aussitôt, étincelant de rage De voir qu'Oliinn partout leur ferme le passage.

Lance sur Vinius un furienv regard.

L'approche sans jiarler, et, tirant un poignard...

PLAITINE.

Le tiaiirel ili^las! Flavie, où me vois-je réduite!

FLAVIE

Vous m'entendez, madame, et je passe à la suite.

Ce lâche, sur Galba portant même fureur : « Mourez, seigneur, dit-il, mais mourez empereur; Il Et recevez ce coup coiiinie un dernier hommage « Que doit à votre gloire un généreux cuuiage. • Galba tombe; et ce monstre, eiilin s'ouvrant le liane, .llèle un sang détestable à leur illustre sang. En vain le triste Olhon, à cet afiivux spectacle. Précipite ses pas pour y mettre un obstacle; Tout ce que peut l'effort de ce cher conquérant. C'est de verser des pleurs sur Vinius mourant. De l'embrasser tout mort. Mais le voila, madame. Qui vous fera mieux voir les troubles de son àme.

Page 1