ÉRASTE
Ces caprl'ON honteux et ces cliimères vaines Ne sauraient ébranler des ceiTclles bien^aines; Et quiconque a su prendre une tille d'honneur ^*a point à redouter l'appât d'un suborneur.
TlRrlS.
Peut-être dl^-tu vrai ; mais ce choix difficile Assez el trop souvent trompe le plus habile: Et fhymen de soi-même est un si lounl l'arileau. Qu'il faut l'appréhender à l'éiral du tombeau.
ÉKASTE.
Mais il y faut venir : c'est en vain qu'on recule. C'est en ^ai^l qu'on refuit, tôt ou lard on s'y brùle; Pour libertin qu'on soit, on s'y trouve allrapc : Toi-même, qui fais tant le cheval échappé, Nous le verrons un jour songer au mariage.
Tincis, Alors ne pense pas que j'épouse un visage. Je règle mes désirs suivant mon intérêt. Si Doris me voulail^loule laide qu'elle est. Je l'estimerais plus iju'.Vniinle et qu'IlippoKle; Son revenu chez moi tiendrait lieu de mérite : C'est conitne il l'aul aimer. I^'abondancc des biens Pour l'amour conjugal a de ])uissaiits liens. La beauté, les attraits, l'esprit, la bonne mine. Échauffent bien le cœur, mais non pas la cuisine...
Blessé de cette réplique, Éraste défie le rebelle de se trouver en présence de Mélile sans en devenir épris. .Mélite parait; questionné par Éraste, Tircis se reconnaît subjugué.
Cloris, sœur de Tircis, et Philandre son amant, entrent en scène. Fatiguée de ses llatleries, Cloris lui dit :
.Ne m'en conte point tant de ma perfection. Tu dois être assuré de mon aOcction;
EXAMEN A^.\LYTIOL'E.
Kt lu iici'ds loiil rpffoil (!■; 1,1 çf.ilanlciiu Si tu crois r:;iii'iiïOiiler par nne ilillci'ie ; l'nc fuusso loiinn^'i: est un blâme secret...
Tircis vient : il avoue à sa sœur que son cœur est pris, sans nonuiicr celle qui le possède.
ACTK DEUXIÈME
ÉnASTE.
Jel'.iïai* bien pi'évu, que ce cœur infulclc Ke se (lélenilniil point des yeux de ni,n criielle, Qui traite mille amants avec mille mépris, i£l n a point de ia^'curs que pour le dernier pris... ^ Depuis, cette volage évite ma rencouti'e;
Ou si, m.dirré njcs soins, le 11 isard me la nionlrc, Si je puis l'aborder, son discours nieconlond, Son esprit eu désordre à peine me répond.
(.\ M.'lile, (|ui cnlio.)
Quoi, seule et sans Tircis! vraiment c'est un prodige; Et ce nouvel amant déjà trop vous néglige, Laissant ainsi couler la belle occasion De vous conter l'excès de son alleclion.
En apercevant sa sœur, il s'écrie qu'il a été trompé; liientùt après il lui fait entendre que Philandre la trahit éf^alement. ftlélile repousse faiblement les reproches d Éraste sur son intidélité, et le laisse presque furieux.
l'ourse venger, il charge Cliton, courtier d'amour, lie remettre à Philandre une prétendue déclaration de Mélite.
Philandre survient; Éraste, d'abord caché derrière lui, feint d'avoir lu le billet par-dessus son épaule, et le félicile de son bonheur avec un dépit simulé; Philandre y paraît indifférent.
Tous deux sortent ; Tircis et Mélite leur succèdent et se font un niuUiel aveu de leur amour.