‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 556 sur 788 · ACTE TROISIE.ME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIE.ME

PIirLANDIlE, seul.

Tu l'as gagné, Mélite : il ne m'est pas possible D'être à tant de faveurs plus longtemps insensible. Tes lettres, où sans lard tu dépeins ton esprit. Tes lettres, où Ion cœur est si bien par écrit, Ont cb.irmé tous mes sens par leurs douces promesses: Leur allcnte vaut micu.v, Cloris, que tes caresses, Ab! Mélite, pardon ; je t'oH'ense à nommer Celle qui m'empéclia si longtemps de l'aimer.

Tircis vient confier son ardeur à Philandre, qui se prend à rire en entendant nommer .llélite et lui montre la lettre qu'il a reçue d'elle. Tircis lui propose un duel; mais il le refuse et sort.

Afin de lui faire prendre courage, Cloris révèle à Tircis les secrets de son sexe :

Quoi ! si la déloyale enfin lève le masque. Oses-tu te fàcbor d'èlie désabusé?

Apprends qu'il le laut être en amour plus rusé; .\pprends que les discours des lilles bien sensées Découvrent rarement le l'uiid de leurs pensées, lit que. les yeux aidant à ce déguisement, Notre sexe a le don de tromper finement... Un volage me quitte, cl je le quille aussi : Je l'obligerais trop de m'en mettre en souci.

Philandre passe sans paraître apercevoir Cloris; elle l'appelle, et lui montre en plaisantant la fausse lettre (ju'il a oublié de reprendre à Tircis. Philandre veut qu'elle la lui rende; ne pouvant y parvenir, il siirt outré, se promettant bien de se venger de la sœur sur le frère.

Page 1