COMEDIE EN VEHS EN CINQ ACTES
c Celte comédie n'est pas plus régulière que Métite en ce qui regarde l'unité de lieu et a le même défaut au cinquième acte, qui se passe en compliments, pour venir à la conclusion d'un amour épisodique, avec celte différence toutefois, que le mariage de (îélidan avec Coris a plus de justesse dans celle-ci que Celui d'Éraste avec Cloris dans l'autre. Elle a quelque chose de mieux ordonné pour le temps en général, qui n'est pas si vague que dans Mclile, et a ses intervalles mieux proportionnés par cinq jours consécutifs ; c'était un tempérament que je croyais lors fort raisonnable entre la rigueur de vingtquatre heures et cette étendue libertine qui n'avait aucunes bornes... Cette comédie peut faire connaître l'aversion naturelle que j'ai toujours eue pour les
Il parle. Elle m'en donnait de belles occasions, ni'étant proposé d'y peindre un amour récipruque qui jiarùt dans les maintiens de doux pcrsnnui^s qui ne parlent poi-nt d'amour ensenjhle, et de mettre des compliments d'amour suivis entre deux gens qui n'en ont point lun ])our l'autre, et (|ni sont toutefois obligés, par des considi'ralions particulières, de s'en rendre des témoignages mutuels. C'était un beau jeu pour ces discours à part, si fréquents chez les anciens et chez les modernes de toutes les langues. Cependant j'ai si bien fait, par le ninyen des confidences qui ont pri'cr^di' ces scènes artilicieuses, et des réflexions qui les ont suivies, i|ue, sans emprunter ce secours, l'amour a |)aru entre ceux qui n'en parlent point, et le mépris a été visible entre ceux qui se font des protestations d'amour. Le style n'est pas plus élevé ici que dans Mclitc; mais il est plus net et plus dégagé des pointes dont l'autre est semée... L'intrigue y est aussi beaucoup plus raisonnable que dans l'autre. « Coeneiii.e. (E.Kiinen de la Veinv.)
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ALLIDON.
J'en demeure d'accord, cliacun a s.i mélhode; Mais la tienne pour mol serait bien incoiniiiode : Slon coeur ne pourrait pas conserver tant de l'eu S'il fallait que ma liouclie en témoignât si peu...
Tu aimes Clarice depuis près de deux ans, continue-t-il; qu'espères-lu en gardant le silence?
rniLisTE.
Non; mais, ;i dire vrai, je veux qu'elle devine.
AI.CIDO.V.
Ton espoir, qui le dalle, en vain se l'inLigine : Clarice, avec raison, prend pour slupidilc Ce ridicule effet de la timidité.
rniLisiE.
Peut-èUc; mais enfin vois-tu qu'elle me fuie; Qu'indillérenl qu'il est mon enlielien l'ennuie; Que je lui sois à cliarge; et. lorsque je la voi, Qu'elle use d'artitice à s'écliapper de moi?
Il engage Alcidon à ne prendre aucun souci de l'avenir qui est réservé à lui, Philiste; car, avant tout, un amant doit s'assurer du cœur de sa maîtresse.
AiriDOX.
Suive qui le voudra ce procédé nouveau; Mon feu nje déplairait caché sous ce rideau. Ne parler point d'amour! Pour moi, je nie défie Des fantasques raisons de ta pliilosopliie : Ce n'est pas là mon jeu. Le joli passe-temps, D'èlre auprès d'une dame et causer du beau temps, Liri jurer que l'aris est toujours plein ilc fange. Qu'un certain parfumeur vend de fori bonne eau d'ange, Qu'im cavalier regarde un autre de travers, Que dans la comédie on dit d'assez bons vers, Ou'Aglantc avec Pliilis dans un mois se marie I...
rintisTE.
I.e ciel, qui nous choisit lui-mèuic des partis, A les toux et les miens prudemiuent assortis; Va, comme à CCS longueurs il t'a fait indocile,
EXAMEN AKALVTlOrE.
Il le lionne en ma sœ;ir un naturel facile : Ainsi |)onr colle veuve il a su m'cnflannuiT, A|ues iii'.ivoir ■lonné pai- où m'en l'aiie aimer.