I.A LlSCJir\E
De vrai, bien que d'abord on en vendit fort peu,
A présent Dieu nous aime, on y court comme au feu ;
Je n'en saurais fournir autant qu'on m'en demande.
Elle sied mieux aussi que celle de Hollande.
Découvre moins le fard dont un visage est peint,
Et donne, ce me semble, un plus grand lustre au teint.
Dorimant et Cléante son écuyer, Ilyppolite et Florice sa suivante, entrent successivement.
DOniMANT, prenant nn livre sur la boulique du libraire.
Je connais celui-ci; sa veine est fort égale; 11 ne lait point de vers qu'on ne trouve charmants. Mais on ne parle plus qu'on fasse de romans : J'ai vu que notre peuple en était idolâtre.
LE LIDRAinE.
La mode est à présent des pièces de tliéàlre.
liOIUUAM.
De vrai, chacun s'en pique, et tel y met la main, Qui n'eut jamais l'esprit d'.ijltsler un quatrain.
Il dit à son écuyer quelques mots à voix basse; llippolyte sort, Cléante s'empresse de la suivre. Lysandre survient et dit à Dorimant :
Je te prends sur le livre.
. IIOIUMANT,
Eh bien , qu'en veux-tu Jire?
Tant d'excellents esprits qui se mêlent d'écrire Valent bien qu'on leur ilcnine une heure de loisir.
LYSAMiRE.
Y trouves-tu toujours une heure de plaisir? Beaucoup font bien des vers, mais peu la comédie.
DoniMAST.
Ton goût, je m'en assure, est pour la Normandie
LYSANDIIE.
...Tel parle d'amour sans aucune pratique.
DOBIMAM.
(In n'y sait guère alors que la vieille rubiicpie ; Faute lie le connailic, on l'iiabille en fureur, El. loin d'en l'aire envie, on nous en f.iil horreur. Lui seul de ses cl'l'els a droit de nous insiruire; ' Notre plume à lui seul doit se Laisser conduire; Pour eu bien discourir, il faut l'avoir bien lait ; Un bon poète ne vient que d'un amant parfait.