‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 573 sur 788 · I.e résout à porter son message lui-même · texte numérisé non relu

I.e résout à porter son message lui-même

.le ne réponds de rien : l'amour qu'ils ont tous deux

Vaincra notre artifice et pmlera pour eux.

llippolyte répond qu'elle détournera Célidée de parler à son amant; tout à coup elle apereoit sa rivale avec Uoritnant, et charge Aroiite d'aller proinptcinent trouver Lysandre alin qu'il puisse les voir causer ensemhle.

Dorimant arrête Aronte et lui demande quel sort lui est réservé dans ses amours; Aronte faisant mine de ne le pas comprendre, il lui avoue qu'il l)rùle pour llippolyte et que Lysandre est son rival. — Uesté seul avec Célidée, l'amant rebuté d'Ilippolyte jure de tuer L3sandre. Celui-ci survient, amené par Aronte : ne pouvant entendre ce qu'ils disent et voyant qu'ils se ^etiren^, il croit à une intrigue nouée entre eux.

Aronte saisit l'oecasion et dit à son maître qu'il devrait s'attacher au char d'Ilippolyle; pour toute réponse, Lysandre le chasse en le menaçant de son épée. — Après un monologue dans lequel il se promet de se venger par la mort de son infidèle et de Dorimant, Lysandre se calme :

L'amour... Ah! ce mot seul me range à la dou'Cur. Celle que nous aimons jamais ne nous olt'ensc ; Un mouvement secret prend toujours sa délcuse : Wanianl soullVe tout d'elle; et, dans son cliangement, tluclque irrité qu'il soit, il est toujours amant.

Il réserve donc toute sa fureur pour son heureux rival.

llippolyte entre et dit à Lysandre qu'il doit lui avouer franchement s'il l'aime : il garde le silence; elle insiste, il se retire.

Blessée de sa froideur, elle cherche les moyens tïe donner plus de force à la division.

Céli lée vient demander à llippolyte le sujet de l'entretien qu'elle vient d'avoir avec Lysandre : sur

ALYTIQUE.

sa réponse qu'il ne faisait que lui parler de s iii amour, mais qu'elle l'a renvoyé à sa première maitresse, Célidée la remercie <le tant de générosité, rt. si Lysandre ne revient à ses pieds, la prie de lui ahandoiiner du moins Dorimant. La perfide réplique qu'elle les lui livre tous les deu.\ on ne peut plus voloiiliers.

riiilante survient; il propose à llippolyte d'épouser llorimant. llissimnlanl mal son dépit, elle sort en disant (ju'elle va consulter sa mère.

(J!'lidée s'informe du motif de celte démarche : son père lui repond que Lysandre l'a chaigé de la faire pour son ami. Au comble de l'étonnement, elle aflirnie que Lysandre courlise llijipolyte; mais l'ieirante soutient le contraire, et dit à sa lille de se tenir piêle à épouser Lysandre.

Livrée à une cruelle incertitude, Célidée se retire sans avoir pu s'expliquer la conduite de son amant.

LE MEnciER, à la lingêre.

I j, là, criez Ijien haut, laites bien rétourdie, El puis ou vous jouera dedans la comédie.

LA LlNCrilE.

Je voudrais l'avoir vu que quelqu'un s'y lut mis! l'our en avoir raison nous manquerions d'amis? On joue ainsi le monde?

LE MERCIER

Après tout ce i.mgage, Ne nie repoussez pas mes boites davantage. Votre caquet m'enlève .n tout coup mes chalands; Vous vendez dix rabats contre moi deux galants. Pour conserver la paix, depuis six mois j'endure. Sans vous en dire mot, sans le moindre murmure. Et vous me harcelez et sans cause et sans lin. Qu'une tèmnie hargneuse est un mauvais voisin!... rsous n'apaiserons point cette humeur qui vous pi p;c. Que par un cnire-deux mis à votre boutique.,

Florice promet à un marchand d'amener le lendemain sa madresse pour faire des emplettes, el en reçoit un cadeau.

.Vronte lui vient dire que leur intrigue parait prendre un mauvais tour; elle ne désespère de rien et relève le courage de son acolyte, qui, de joie, lui veut faire don d'un ruban; mais il n'en trouve point d'assez joli chez le mercier.

LA IINCÈUE.

Ainsi, faute d'avoir de bulle maicliandise.

Des hommes comme vous perdent leur chalandisc.

LE MERCIER

"Vous ne la perdez pas, vous; mais Dieu sait comment :

Ou moins, ^i je vends peu, je vends loyalement,

iCt je n'attire point, avec une promesse.

De suivante qui m'aide à tromper sa maîtresse.

LA LlNCÈnr.

Quand il faut dire tout, on s'entre-connait bien : tliacun sait son métier; et... mais je ne dis rien.

LE MERCIER

Vous lèrcz un grand coup si vous pouvez vous taire.

LA LINCÈRE.

Je' ne réplique point à d(?s gens en colère.

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