‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 583 sur 788 · PHYLIS · texte numérisé non relu

PHYLIS

Fasse état qui voudra de la fidélité ;

Je ne me pii|ue point de celle vanilc;

El l'exemple d'autrui m'a trop lait reconnaître

Qu'au lieu d'un serviteur c'est accepter un maître...

Pour moi, j'aime un cbacun ; et, sans rien négliger, I.e premier qui m'en coule a de quoi m'engager. .\insi tout contribue à ma bonne fortune : Tout le monde me plaît, et rien ne m'impoitunc; De mille que je rends l'un de l'autre jaloux. Mon cœur n'csl à pis un, et se promet à tous,; Ainsi, lous à l'enxi s'efforcent à me plaire; Tous vivent d'espérance et briguent leur salaire; I.'éloignement d'aucun ne saurait ni'affliger; Mille encore présents m'empêchent d'y songer, .le n'eu crains point la mort, je n'en crainspoint le change: Un monde m'en console aussitôt ou m'en venge...

ANGÉLIQUE

Voilà fort plaisamment traiter celle malière, Et donner à sa langue une libre carrière. Ce grand flux de raisons dont lu ^iens m'allaquer Est bon à faire rire, et non à pratiquer... Qui peut en avoir mille en est plus estimée ; Mais qui les aime tous de pas un n'est aimée; Elle voit leur amour soudain se dissiper: Qui veut tout retenir laisse lout échapper.

Pour éviter l'ennui de nouvelles sollicitations, elle se retire en voyant venir Dorasle.

Par sa folle étourderie, Phylis parvient^ apaiser la douleur de son frère, qui a parfaitement deviné qu'Angélique le fuit. Pour réfléchir plus à l'aise anx moyens de triompher de la cruelle, Phylis, qui voit approcher Cléaiidre, iinVe ses amanls, emmène sdYi frère.

Cléandre, dont le cœur appartient an secret à

EXAMEN ANALYTiyUt;.

Angélique, maîlresse de son luiii Alidt)r, exiirinic ainsi ses sentiments :

J'jimc Alidor, j'iiiino An?('lii|ue :

Mais raiiiuur cùilc à l'amilii'' ; I>1 jamais on n'a vu, sous les lois d'une belle, D'amaiil si niallioureux, ni d'ami si liiléle.

Aliilor entre et avoue à son amie que son amour IHHir Angélique est trop violent.

A le! prix que ce soit, il faut runi!!re mes cliaînes, l)e crainte ([u'un hymen, m'en ùl.iul le j)ouvuir, l'il d'un amour par force un amour par devoir.

Cléandre s'étonne de cette répugnance pour le mariage; Alidor répond :

N'a-l-on point d'autres (loùts en un àp;c qu'en l'autre? Juge alors le tourment que c'est «rètre attaché, Et de ne pouvoir rompre nu si fâcheux marché.

Enfin il annonce le projet de se faire congédier par Angélique, ajoutant qu'il serait aise de la voir épouser un rival. Cléandre alors lui découvre l'aiiiour qu'il nourrit en silence, et Alidor lui promet de le servir. Mais, dit-il,

. . . son;;c que l'hymen fait bien des malheureux.

CLÉANDnE.

.l'en veux bien faire essai; mais d'ailleurs quandj'y pense, IV'Ut-ètrc scidement le nom d'époux t'oi'Iense; lit tu voudr,iis qu'un autre...

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