‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 584 sur 788 · ACTE DEU.MEME · texte numérisé non relu

ACTE DEU.MEME

Polymas, valet d'Alidor, montre à Angélique une déclaration d'amour que son maître envoie à Clarice. Elle se lamente, mais s'engage à garder le secrel, afin que Polymas puisse lui rendre de nouveau si'mblabic service.

.Midor survient, et est accueilli par les plus vifs reproches; mais la douleur d'Angélique redouble (]nand, après avoir lu sa lettre à Clarice, qu'elle lui représente, il s'informe d'nn ton railleur si c'est là la cause de Sa colère. Il continue sur ce ton, et la ([nilte en lui promeltant de ne jamais paraître de- \ant elle.

A^^. 'liqi'c, «oiili?.

' t)ue je m'anime en vain contre un objet aimable I

Tout criminel qu'il est, il me semble adorable ;

Va mes souhaits, qu'étoui'fe un soudain repentir,

tn dcmamiant sa mort, n'v sauraient consentir.

,r Elle annonce son malheur à Phylis, qui lui répond en plaisantant :

-'Choisis de mes amants, sans l'arniger si fort, Kt n'appréhende pas de me fiire grand tort : J'en pourr.ds, au besoin, fournir toute la ville, . Oud m'en demeurerait encor plus de deux mille.

Reprenant son sérieux, Pliylis plaide de nouveau la cause de son frère et ne se laisse point rebuter. Aussitôt le départ d'Angélique, elle fait venir Doraste, lui raconte ce qui se passe, cl, lui ayant conseillé d'aller demander Angélique à son père, le congédie pour s'entretenir avec Lycis, un de ses innombrables amants.

Au bout de quelques instants, elle voit passer Cléandre et court l'arrêter. Celui-ci lui répand :

Kncor que votre ardeur à la mienne ié|iondc,

Je ne veux i)oint il'im cœur commun à tout le monde.

Il vent la quilter pour se rendre auprès d'Angélique, qu'il est chargé de voir de la part d'Alidor; mais elle le retient pour lui montrer son portrait nouvellement fait, et laisse iiartir Lvcis.

Page 1