‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 586 sur 788 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

(11 liiit nuit ■

Dléandre et sa troupe se' retirent dans le fond du théâtre; resté seul, Aiidor raisonne sur son entreprise; un peu ébranlé d'abord par ses souvenirs, la crainte du mariage qui le poursuit sans cesse le détermine à persévérer.

Impatient de voir arriver Angélique, Cléandre s'avance et t'ait remarquer à Aiidor qu'il est minuit : celui-ci l'engage à rester cacbé, disant qu'elle ne peut tarder, et lui recommande, aussitôt qu'elle aura reçu la promesse de mariage (souscrite par Cléandre) de se saisir de cette jeune beauté et de l'empêcher d'appeler du secours si elle reconnaît la ruse. — Angélique paraît; elle reçoit la promesse, et rentre chez elle pour la déposer dans sa chambre, sans l'avoir lue.

Comme elle se l'était promis, Phylis a surveillé Angélique, et l'a suivie pour connaître la catise de sa sortie précipitée : au signal d'Alidor, Cléandre et ses acolytes s'emparent d'elle et l'entraînent.

Quelques remords s'élèvent dans le conir d'Alidor, il les fait taire; lorsque Angélique revient el s'excuse de l'avoir l'ait alti'ndre, il lui deujande comment il se fait que l'enlèvement ait manque, car, dit-il,

.\ulanl i|ue l'on! permis les ombres de la nuit, Je l'ai vu de mes yeux.

ANGÉLIQUE

Tes yeux t'ont donc séduit ; Et quelque autre, sans doute, après moi descendue, Se trouve eçlre les mains dont j'étais attendue.

A son tour elle s'enquiert du motif qui l'a empêché d'accompagner ses gens : il n'en avait pas d'autre que de reparaître au bal, afin d'éloigner les soupçons, répond-il; pressé d'accomplir sa promesse, il y consent, tout en se demandant à quoi le mènera cette démarche. A ce moment, Uoraste sort -•ubitement; Aiidor fuit, et Angélique, qui s'apprête à le suivre, est arrêtée par son amant trompé, qui l'accuse de perfidie. Elle convient que le seul dépit le lui a fait accepter pour époux, et qu'Alidor étant revenu à elle, son cœur a repris ses premiers liens. — Doraste aurait cédé de bon cœur sa place à Aiidor; mais la promesse de mariage trouvée dans la chambre d'Angélique prouve qu'elle est d'intellige ■•: avec un autre. Elle prend le papier, et reste muette d'étonnementen le voyant signé de Cléandre. Itéfléchijsanl tout à coup que la personne enlevée est peut-être sa sœur, Doraste laisse Angélique pour courir après les ravisseurs. Celle-ci se met à pleurer, et forme le projet de prendre le voile.

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