‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 606 sur 788 · ANDROMEDE · texte numérisé non relu

ANDROMEDE

TRAGÉDIE ES CINQ ACTES, rEÉCÉDÉE d'uS PROLOCBE. — 1G50.

« Vous y trouverez cet ordre gardé dans les changements de théâtre, que chaque acte aussi bien que le prologue a sa décoration particulière, et du moins une machine volante, avec un concert de musique que je n'ai employé qu'à salisfajre les oreilles des spectateurs, tandis que leurs yeux sQnt arrêtés à voir descendre ou remonter une machine, ou s'attachent à quelque chose qui les empêche de prêter atlenlion à ce que pourraient dire les acteurs, comme fait le combat de Persée contre le moijslrc; ojais je me suis bien gardé de faire rien chanter quifi'tl né- . cessaire à l'inlelligenee de la pièce, parce que communément, les paroles qui se chantent étant mal entendues des auditeurs, pour la confusion qu'y apporte la diversité des voix qui les prononcent ensemble, elles auraient fait une grande obscurilé dans le corps de l'ouvrage, si elles avaient eu à les instruire de quelque chose qui fût intpoitant.

« 11 n'en va pas de même des machines, qui ne sont pas dans cette tragédie comme des agrémenls détachés; elles en font en quelque sorte le nœud et le dénouement, et y sont si nécessaires, que vous n'en sauriez retrancher aucune que vous ne fassiez tomber tout l'édifice. J'ai été assez heureux à les inven-

EXAMEN ANALVTIOUE.

ter cl à k'ur donner jjlace dans la tissure de ce poëinc; mais aussi iaul-il fine j'avoue que le sieur Torelli s'est surinonti'; lui-niènie à en exécuter les dessins, et qu'il a eu des inventions admirables pour les faire agir à propos. »

[Prcfure de Cor.NEM.i.ii.)

Le résumé d'un opéra serait trop fastidieux : nous signalerons au passage seulement les veis et les pensées dignes de remarque. Ainsi, dans le prologue, Melponiéne dit au Soleil :

Ari'ùle mi peu ta course impétueuse; Mon lliéiitie, Soleil, mérite bien tes yeux : Tu ne vis jam.iis en ees lieux De pnni|ie plus majestueuse.

J'ai réuni pour la l'aire admirer Tout ce qu'ont de plus beau la France et l'Italie :

De tous leurs arts mes sœurs l'ont cudjcllie; Prcte-moi tes rayons pour la mieux éclairer.

Elle termine par ces deux vers la louange obligée du roi :

Je lui montre Pompée, Alexandre, César, Mais comme des héros allachés à son char.

Dans le premier acte, on remari^ue ces vers sur la pilié :

La douleur se soulaç^e à 'se plaindre;

Et, quelques maux qu'on souflre ou que l'on altà craindre, Ce qu'un cœur généreux en montre de pitié Semble en notre faveur en prendre la moitié.

Céplii^e, père d'Andromède, objectant l'ordre du ciel à Phinée, qui lui demande sa fille, celui-ci répond :

Quelle est cotte justice et quelles sont ces lois Dont l'aveugle rigueur s'étend jusques aux roi*?

(.ÉIllÉE.

Celles que font les dieux, qui, tout rois que nous sommes, Punissent nos forfaits ainsi que ceux des hommes. Et qui ne nous font part de leur sacré pouvoir Que pour le mesurer aux règles du dc\oir.

A la scène troisième du second acte, Andi-omède

apprend qu'elle va être exposée sur un rocher à la

* fureur d'un monstre indomptable ; elle dit à Phinée :

Assez souvent le ciel par quelque fausse joie Se plaît à prévenir les maux qu'il nous envoie; Du moins il m'a rendu quelcpies moments bien donx Par ce llalteur espoir que j'allais être à vous : Mais, puisque ce n'était qu'une trompeuse atlcnle, Gardez mon souvenir, et je mourrai contente.

Troisième acte : Andromède au pied du rocher :

Affreuse image du trépas,

Qu un triste honneur m'avait fardée.

Surprenantes liorreurs, épouvantable irlée.

Qui tantôt ne m'éhranlic!; pas.

Que l'on vous conçoit mal quand on vous envisage

Avec un peu d éloignement!

Qu'on vous méprise alors! qu'on vous brave aisément I

filais que la grandeur du courage

Devient d'un diflicilc usage

Lorsqu'on touche au dernier momenti

Combat de Persée contre le monstre, pendant le.quol le chœur de musique chaiite :

ciifEcr,.

Courage, enfant des dieux! elle est voire conquête; El jamais amant ni guerrier Ke vit ceindre sa tète D'un si beau myrte ou d'un si beau laurier.

L'Xt: VOIX SECLE.

Andromède est le prix qui suit votre victoire; Combattez, combattez, El vos ptÛNirs et votre gloire Itendronl jaloux les dieux dont vous sortez.

LE CIIIEUR r.:-|i01.- :

Courage, cnl'anl des dieux I elle est votre conquête : etc.

Vainqueur, Persée ouvre le quatrième acte en disant à Andromède :

(iua me pcniietlci-vous, madame, d'espérer? Mou amour jusqu'à vous a-t- il lieu dîdspirer'.' \A puis-je en celte illustre et charmante journée Prétendre jusqu'au cœur que possédait Phinée?...

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