I.a frayeur que Jlarcelle cause à son trop faible
aix est si grande, que non-seulement il n'ose rien ..ilreprendre pour le bonheur de son tils, mais encoreque,s"il découvrait la retraite de Théodore, qu'il s'estime heureux d'ignorer, il la ferait conduire au supplice; celui de Didymc est assuré, à moins qu'il ne consente à renier son Dieu : Cléobule répond à Paulin, qui lui fait cette confidence, que Placide V iiilra probablement sa promesse; mais, lorsqu'ils
isenl à la rage de Marcelle, dont la fille Flavie est expirante depuis qu'on lui a appris l'heureuse fuite de Théodore, tous deux finissent pardésespérer
nplétement.
Iiidyme passe, marchant au supplice; il lui est per- ; is de s'entretenir avec sesamis, et répond aux in-
liices de ménager sa vie :
Pour )a Cluse de Dieu s'otTric en sacrifice. C'est courir à la vie, et non pas au supplice.
Cléobule lui répond que Théodore, retirée dans sa maison, l'attend pour s'unir à lui; il préfère la palme du martyre.
Instruiîe delà mort de Flavie, et pensant bien que Marcelle ne se bornera plus à vouloir lui ravir l'honneur, Théodore vient jusque dans le palais de Valens supplier Didyme de la laisser mourir à sa place.
A cette nouvelle, la mégère accourt et entend les paroles des deux amants qui veulent mourir pour leur foi : elle voudrait pouvoir leur faire infliger un eruel et lent supplice, mais elle craint que Placide ne vienne les y arracher; enfin elle se décide pour une mort prompte et les fait entraîner.
Tout aussitôt Valens arrive; Paulin le conjure de sauver les deux victimes, mais il n'ose braver le courroux de Marcelle.
Stéphanie s'avance tout en pleurs : d'abord en proie à une horrible anxiété, ils éclatent en gémissements lorsqu'elle leur apprend qu'après avoir poignardé Didyme et Théodore Marcelle a tourné son arme contre elle-même.
Il (PlaoïJe) demeure immobile à cet objet funeste; Qiicluue ardeur qui le pousse à venger ce malheur. Pour en avoir la force il a trop de douleur; ■
Il pàlil, il frémit, il Ireniblc, il tombe, il pàfhe. Sur son cher Cléobule il semble rendre l'àme. Cependant, triomphante entre ces deux mouranls, Marcelle les contemple à ses pie<ls expirants. Jouit de sa vençreance, et d'un rejard avide En cherche les douceurs jusqu'au cœur de Placide; Et tantôt se repaît de leurs derniers soupirs, Tanlùt goùle à pleins yeux ses mortels déplaisirs, Y mesure sa joie, et trouve plus charmante I,a.doulcur de l'amant que la mort de l'amante;
Nous témoigne un dépit qu'après ce coup fatal
Pour cire trop sensible il sent trop peu son mal...
Mais à peine il revit, qu'elle, haussant la voix :
a Je n'ai pas résolu de mourir à ton choix,
« Dit-elle, ni d'attendre à rejuindre Flavie.
« Que ta ra^e insolente ordonne de ma vie. o
A ces mots, furieuse, et se peront le liane
De ce même poignard fumant d'un autre sang,
Elle ajoute : a Va, traître, à qui j'épargne un crime,
« Si tu veux te venger cherche une autre victime ;
« Je meurs; mais j'ai de quoi rendre grâces aux dieux,
« Puisque je meurs vengée et vengée à tes yeux. » •
Placide approche avec Cléobule et Paulin; ses babils sont teints de sang. Valens s'cnquiert si c'est celui de quelqu'un des morts; Paulin lui répond que c'est celui de son malheureux lils,qui alors s'écrie :
Tîends-en grâces au ciel, heureux père et mari *.
Par là t'est conser\"é ce pouvoir si chéri.
Ta dignité dans l'àme à ton fils préférée;
Ta propre vie enfin par là t'est assurée,
lit ce sang qu'un amour pleinement indigné
Peut-être en ses transports n'aurait pas épargne.
Pour ne point violer les droits <ie la naissance
Il fallait que mon bras s'en mit dans l'imi uissance :
C'est par là seulement qu'il s'est pu retenir,
El je me suis puni de peur de te punir.
Le faible époux, le déplorable père, comprend toute son infortune, et s'empresse de secourir son tils. *