PERTHARITE
ROI UliS LOMB.VRUS
inAGlilllE EN CINQ .VCIES.
ido.
I Ce qui Va fait avorter (cette pièce) an théâtre a été l'événement extraordinaire qui me l'avait fait choisir. On ny a pu supporter qu'un roi dépouillé de son royaume, après avoir fait tout son possible pour y rentrer, se voyant sans force et sans amis,
. en cède à son vainqueur les droits inutiles, afin de retirer sa femme prisonnière d'entre ses mains; tant les vertus de bon mari sont peu à la mode. On n'y a pas aimé la surprise avec laquelle Pertliarite .se présente au troisième acte, quoique le bruit de son retour soit répandu dès le premier; ni que Gri-
# moald reporte toutes ses affections à Édnige, sitôt qu'il a reconnu que la vie de l'ertharite, qu'il avait cru mort jusque-là, le mettait dans l'impossibilité de réussir auprès de Rodelinde. J'ai parlé ailleurs de l'inégalité de l'emploi des personnages, qui donne à Rodelinde le premier rang dans les trois premiers
actes, et la réduit au second ou au tniisiénie dans les deux derniers. .Pajouie ici, malgré sa disgrâce, que les sentiments sont assez vifs et nobles, les vers assez bien tournés, et que la façon dont le sujet s'explique dans la preiiiii're scène ne manque [las d'artifice. «
Al.TK rRF.MIKU
ilodêlinde.fenniie de l'ertharite, roi des Lombards et vaincu par Grimoald, est pressée par Unulphe di" donner sa main au prince étra'nger. Quoique Pertliarite passe pour luort, elle repousse avec force cette injurieuse prétention d'un vainqueurqui n'avaitaucun motif légitime pour envahir son royaume, rnnlphe répondqueGrimoald ne voulait querétablirsurle trône la sonir de Pertliarite et de Gundebort.Éduige, héritière des droits de celui-ci, etqu'il lui avait promise pour épouse: k>v, en seniparaiil de la moitié du royaume de son frère, Pertliarite avait méconnu les droits de sa sn^ur. Uodeliiide ivpli(ine au noble lombard :
Ce n'est pas attenter aux ilioits d'une cniu'onne Qu'en conserver la p.ii t qu'un père nous eu donne; De son dernier vouloir c'est se faire des lois, IJonorer sa mémoire et défendre son choix.
UNCLPllE.
Puisque vous le voulez, j'excuse son courage;
Mais condamnez dit moins l'auteur de ce partage.
Dont l'amour indiscret pour des fils généreux.
Les faisant tous deux rois, les a perdus tous deux.
Ce mauvais politique avait dû recounailre
Que le plus grand l'Hat ne peut souffrir cpi'uii niailie.
En voyant Unulphe s'entretenir avec Rodelinde, la jalouse Eduige devine qu'il est charge par Grimoald de quelque message d'amour, s'emporte contre sa belle-sœur, et, avec une arrière-pensée qu'elle s'efforce en vain de cacher, lui dit que l'on a vu des maris ressusciter. Celle-ci voudrait qu'elle s'expliquât et lui montre son erreur. — Grimoald entre. Rodelinde, s'appuyant de ce que vient de lui dire Eduige, s'informe avec empressement s'il serait vrai que la mort de son mari ne fût qu'un bruit controuvé. Il répond d'une manière peu satisfaisante, et elle sort en l'accablant des plus affreuses imprécations.
Voyant que malgré tout Grimoald paraît encore épris de sa rivale, Eduigç s'écrie :
Épouse-la, parjure, et fais-en une inl.'mie: ijui ravit un Vital peut ravir une femme : L'adultère el le rapt sont du droit des tyrans.
CBISIOALIl.
Vous me donniez jadis des titres différents; l^uaud pour vous acquérir je gagnais des batailles, ihie mon bras de Milan foudrovait les nunailles, One je semais partout la terreur et l'effro;. .l'étais un grand héros, j'étais un digne roi ; Mais, depuis que je règne en prince magnanime Ijui chérit la vertu, qui sait punir le ciiiiie, (lue le peuple sous moi voit ses destins meilleurs. Je ne suis qu'un tyran parce que j'aime ailleuri». Ce n'e^t plus la valeur, ce n'est plus la naissance. Oui donnent quelque droit à la toute-puissance,
/*ir,
EXAMEN ANALYTIQUE
C'est votie amour lui seul qui fait les coii(|uéraiilj, .Suivant qu'ils sont à vous, des rois ou tics tyrans : .Si ce titre odieux s'acquiert à vous déplaire, Je n'ai qu'à vous ainter, si je veux m'en dél'aire ; Et ce même moment de lâche u-urpatcur Me fera vrai nioiiarcpic en vous rendant mon cœur... Un roi doit pouvoir tout, et je ne suis pas roi S'il ne m'est pas permis de disposer de moi. C'est quitter, c'est trahir les droits du diadème. Que sur le haut d'un Irùne être esclave moi-même; Et dans ce même trône où vous m'avez voulu. Sur moi comme sur tous je dois être absolu.
Traiispoitée de rage, EJuige conseille à Grimoald de se montrer plus liabile, de lejeter son infidélité sur le désir de se concilier l'affection dos Loniljards en épousant leur reine, dont le lils deviendrait ainsi son successeur. 11 la remercie ironiquement de cette heureuse idée et envoie Unnlphe soumctlre sans délai ces projets à Rodelinde. Eduige éclate en menaces; il la fait emmener.