‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 625 sur 788 · L.F.LirS · texte numérisé non relu

L.F.LirS

Vous parlez tant d'amour qu'il faut que je confesse Que j'ai honte pour vous de voir tant de l'aiblesse.

rs'allégncz point les dieux : si l'on voit quelquefois Leur flaunne s'emporter en faveur de leur choix Ce n'est qu'à leurs pareils à suivre leurs exemples; lit vous ferez comme eux quand vous aurez des templei. Comme ils sont dans le ciel au-dessus du danger, Ils n'ont là rien à craindre el rien à ménager.

Du resle, je sais bien que souvent il arrive Qu'un vainqueur s'adoucit auprès de sa ca[ilivc. Les droits de la victoire ont quelque liberté Qui ne saurait déplaire à notre âge indompté; Mais, quand à celle ardeur un monarque délère, Il s'en l'ail un plaisir et non pas une allaire; Il repousse l'amour comme un lâche altonlat, Dés i|u'il veut prévaloir sur la raison d'Élal ; Et son cœur, au-dessus de ces basses amorces.

Laisse à celle raison toujours toutes ses forces

Vas feux vous plaisent trop pour les vouloir éleinih e; Et tout ce que je puis, seigneur, c'est de vous plaiii Ire.

Albin annonce l'arrivée de Scipion dans le camp. Avant de le voir et d'obtenir de lui la ralilicalion de son mariage. Massinisse veut entretenir Soplionisbe, prendre ses conseils et la consoler.

Elle vient, et Ladius les laisse seuls. Le galant Mas-

i:XAMEÎV ANALYTIQUE.

siiiisse fait rcinan|ui'i' à la reine cjiu; le liomain la j fuit pour i'vilci- ses regiirds. Venez, madame, lui (lit-il, eniplovrr le pouvoir de vos charmes à flocliif le f-'rand Seipiim.

Puissent-ils, et s'ir l'Iienrc, avoir là tant de force,

Que pour prcmlre ma place il m'onlonne un divorce!

J'en mourrai de douleur, mais je mouiiai content....

SOIMIUMSUE.

Ouoi! j'irais mendier jusqu'au camp [les Romains La pitié de lem- cliet.|ui m'aurait en ses mains : J'irais déshonorer, par un Ijonleux hommage. Le trône où j'ai pris place et le sani; de Carihasc; Kt l'on verrait j^émir la lille d'Asdiulial Aux pieds de l'ennemi pour eux le plus lalal ! Je ne sais si mes ycu\ auraient là tant de lorce, Qu'en sa faveur sur l'heure il pressât un divorce; Mais je ne me vois pas en étal d'ohéir, S'il osait jusque-là ccssci' de me haiV. La v^lle anlipalliie entre Rome et Carlhagc N'est pas prête à finir par un tel assemblage. Ne vous préprez point à rien sacrilier A l'honneur qu'il aurait de vous justifier. Tour effet de vos feux et de voire parole, -- Je ne veiix qu'éviter l'aspect du Capitole :

Que ce soit par l'hymen ou pai- d'autres moyens, Que je vive avec vous ou chez vos citoyens, La chose m'est éijale; et je vous tiendrai quitte, Qu'on nous sépare ou non, pourvu que je l'évile. Mon amoui- voudrait plus; nwisje rè;:ne sur lui, lit n'ai changé dépoux que pour prendre un appui

Il va donc seul trouver Scipion.

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