ACTE (;inqi;iî;me
Soplionisbo conlie ses craintes à Ilerminie : sans doute Massinisse perd son temps auprès de Scipion. — En effet, MizJlulle lui apporte ce billet écrit de la main du roi :
(! 11 ne m'est pas permis de vivre voire épuux;
« Mais enfin je vous liens parole.
(I Et vous éviterez l'aspect du Cipitole.
a Si vous êtes digne de vous,
« Ce poi.son que je vous envoie
« En est la seule et triste voie ; 0 Lt c'est tout ce que peut un déplorable roi
« Pour dégager sa foi. »
SoriloMSLE.
Voilà de son amour une preuve assez ample ;
Mais, s'd m'aimait encore, il me devait l'exemple
Reportez, Mézélidle, à votre illustre roi
Un secours dont lui-même a plus besoin i|ue moi.
Sophonishe a fait mander Éryxe; après lui avoir donné à lire le billet de Massinisse, elle dit à la reine des Gélules qu'avant de lui céder la place elle a voulu lui faire connaître quel est Massinisse Je vous devais cet avis sincère, ajoute-t-elle; d'ailleurs
Laeliusque je vois vous en peut donner ilaulres; Souffrez que je lévile, et que. dans mon malheur, Je m'ose de sa vue épargner la douleur.
(Elle soll.)
Lœlius ordonne à Lépide de la suivre, el de l'assurer que, grâce à l'appui de Sciiùon, Home lui
pardonnera. — Il félicite Éryxe du triomphe qre le refus de .<cipipn lui faitremporter sur sa rivale, lui dit que Massinisse se faisait violence en épousant Soplionisbe et ne désire i|ue de' revenir à elle. En cessant d'être roi, léiiond la reine, il a cessé d'être digne (le moi.
i.Li.irs.
Ne l'est-il plus, madame? El, si la Géltdie Par votre illustre hymen à son trône s'allie. Si celui de Syphax s'yjoinl des aujourd'hui, En est-il sur la terre un plus puissant que lui?
LIIYXE.
Et de quel front, seigneur, prend-il une couronne,
S'il ne peut disposer de sa propre personne.
S'il lui fuit pour aimer attendre votre choix,
El que jusqu'en son lil vous lui fassiez des lois ?
l'n sceplre compatible avec un joug si rude
Ka rien à me donner que de la servitude ;
Et, si voire prudence ose en faire un ^rai rui.
11 est à Sophonishe, ri ne peut être à moi.
Jalouse seulement de la grandeur royale.
Je la regarde tn reine, cl non pas en rivale;
Je vois dans son destin le mien enveloppé, •
Et du coup <|ui la perd tnul mon cœur est frappé.
Par votre ordre on la quille, el cet ami fidèle
Me pourfait, au même ordre, abandonner ci'nime elle.
Dis|iosez de (non sceplre, il est entre vos m.iins : ,Je veu\ bien le poi 1er au gré de vos Romains. Je suis femme, el imin sexe, accablé dimpulssancu, ^■e reçoil point d'affront par cette dépendance; Mais je n'aurai jamais à rougir d'un époux Qu'on voie ainsi que moi ne régner que sous vous.
Lépide revient : il annonce que .Sophonishe s'est punie elle-même de sa haine pour Rome.
A |:eine elle m'a vu, ipte d'un regard farouche, Portant je ne sais quoi de sa main à sa bouche : « Parlez, in'a-t-elle dit, je Miis en siirelé, « Et recevrai voire ordre avec tranquillilé. » Surpris d'un tel discours, je l'ai pourlant flatléc : J'ai dit qu'en grande reine elle serait Irailée, (Jne Scipion et vous en prendriez souci ; Et j'en voyais déjà son regard adouci, (luand, d'un souris amer me coupant la parole : «Qu'aisément, reprend-elle, une âme se console! « Je sens vers cet espoir tout mon cœur s'échqiper; (I Mais il est hors d'élat de se laisser tromper; « Et d'un poison ami le secourable oflice « Vient de fermer la (lorle à tout votre arlilice. »