ACTE THOISIKME
Agésiias repousse la double proposition de Lysander; celui-ci se plaint avec amertume; il espérait que du moins le roi lui permettrai! d'aller finir ses jours dans la retraite.
C'était là mon dessein; mais cette même envie tjuî me fait près de vous un si mallicurcux sort, Ke saurait endurer ni l'éclat de ma vie Ni robsturitc de ma niorl.
Mais Agésiias lui répond qu'en prenant pour gendres deux princes aussi puissants le général consulte plulêjt son intérêt que celui de la Urèce. Quant aux lieux où il veut se retirer.
Ceux que prend pour exil ou choisit pour asile
Ce dessein d'une mort IVanquille, Des Perses et des Grecs séparent les États; L'assicUe en est heureuse, et l'accès difficile.
Irrité du soupçon que renferment ces dernières [laroles, Lysander reproche à Agésiias son ingratitude : c'est ;i lui, Lysander, qu'Agésilas doit tout ce qu'il est. — J'en conviens, répond celui-ci ;
J!ais, tirant tout à vous la suprême puissance,
Vous me laissez des litres vains.
On s'empresse à vous voir, on s'efforce à vous plaire ; fin croit lire en vos yeux ce qu'il faut qu'on espère; (lu pense avoir tout lait quand on vous a parlé; .Mon palais près du vôtre est un lieu désolé; VA le généralat, comme le diidènie, M'érige sous voire ordre en fanlôinc éclalant, En colosse d'État, qui de vous seul attend
L'âme qu'il n'a pas de Ini-mênie,
Et que vous seul faites aller Où, pour vos intérêts, il le faut étaler. Général en idée, et mon irque en peinture, De ces illustres noms pouri'ais-je faire cas S'il les fallait porter moins comme Agésiias
(Jue comme votre créature.
Et montrer avec pompe an reste des humains En ma propre grandeur l'ouvrage de vos mains? Si vous m'avez fait roi, I^ysandcr je veux l'être : Soyez-moi bon sujet, je vous serai bon mailre; Mais ne i)rélendcz plus partager avec moi
Ni la |inissance ni l'eiuploi.
Si vous croyez qu'un sceptre accable qui le porlc, A moins qu'il prenne une aide à soutenir son poids,
Laissez discerner à mon choix Ouelle main à ni'aider pourrait être ass-z forte. Vous aurez bonne pari à des enqilois si doux.
Quand vous pourrez m'en laisser faire ; Mais soyez sur aussi d'un saccês tout contraire, Tant que vous ne voudrez les tenir que de vous.
Ilevenant à Elpinine et à Agiatide, le roi s'engage à récompenser en elles les services de leur père.
Apres avoir remercié, en assurant que ses filles, et parliculièeemenfAglatide, renonceront sans murmurer au.x époux qui leur étaient destinés, Lysander sort.
Agésiias apprend de Xénoclès. son confident, que Lysander conspire; une copie de la harangue prépa-
EXAMFN ANALYTIQUE.
r<'e pnr cet bloquent esclave que l'on noiume Clcon (l'ihilicarnasse eu esl la preuve.
AGÉSII.AS.
Aiiusi (le loules paris le péril incnvironno : Si je veuv le punir, j'espose ma coiiromio, Kt, si je lui lais gi'àccou veux dissimuler, Je (lois craiuilre.
, XÉNOCLÈS.
Colys, seigneur, veut vous parler.
ACt.IL^S.
Voyons quelle est sa llamme. avant que <lc résoudre S'il nous faudra lancer ou retenir la loudre.
Le roi de Paphlagonie annonce à Agésilas son amour pour ManJane. — Ce serait mal répondre à lariiilit' des Grecs que Je choisir pour épouse une l'ersanç. objecie l'amant intenlit de cette rivalité inatleiulue. — Mais, répond Colys, l'exemple d'un grand roi, qui, dit-on, l'aime et l'estime, ne m'y autorise-t-il pas?
Si ce bqiit n'est point faux, mon mal est sans remède : Car enfin c est un roi dont il nie faut l'appui.
Adieu, seigneur, je la lui cède;
Mais je ne la eéde qu'à lui.
(H sort.)
Commcjit a-til appris que j'aime Mandame? demande Agésilas à Xéuoclés. — C'est vous, ce sont vos soins, vos déférences pour celte Persane, qui ont fait connaître votre amour, répond le conCdent.
Toutefois il est temps, ou de vous déclarer, r Ou de céder l'objet qui vous fait soupirer.
AGtSILAS.
Le plus sûr, Xénoclès, n'est pas le plus facile ; f.lici'chc-moi Spilridale, et l'amène en ce lieu ; El nous verrons après s'il n'est point de milieu Kntre le charmant et l'utile.