‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 632 sur 788 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

La conspiration de Lysander est découverte : Xénoclès remet à Agésilas deux lettres du gi''néral, adressées l'une nti sênnieiir Craies, l'aulre à i'cphore Arsiddj:. En ce moment Spilridale paraît, et Agésilas recommande à son confident de ne rien laisser apercevoir.—Spilridale lui dit que son cœur s'est tourné vers Elpinice; le roi s'efforce de le dissuader de devenir le gendre de Lysander, et finit par avouer que lui-même subit le joug, mais qu'il sait triompher de son cœur.

SPIIKIÎ'ATE.

Des climats difiércnts la nature est diverse. La Grèce a des vertus qu'on ne voit point en Perse: Permettez qu'un Persan n'ose vous imiter, (Jue sur votre partage il craigne d'attenter;

Qu'il se contente à moins de gloire, Et trouve en sa faiblesse un deîliu assez doux Pour ne point envier celte haute victoire Que vous seul avez droit de i enipoclcr sur vous.

ACÉSIUS.

Slais de mon ennemi rechercher l'alliance !

spirniDAiE.

De votre ennemi!

AGKSU.AS

Non, Lysander ne l'est pas; ' Mais, s'il faut vous le dire, il y court à grands pas.

Spilridale se rend. Mais qu'ordonnera Agésilas relativement à Mandane? A ce nom, qui réveille tout son amour pour la jeune Peïsane, le roi se plaint de l'empressement qu'elle met à choisir un époux. — .Ma parole n'est pas encore donnée à Colys, répond Spilridale; au surplus, voici Aglalide qui vient recevoir vos ordres elle-même.

Après une scène de désespoiret d'amour de la part d'Agésilas, de feinte résignation de la part de 5Iandane, le roi donne son consentement au mariage d'Elpinire avec Spilridale, pourvu que la sœur de

cedcrnior soit à lui. SpitriJatc s'empresse de porter celle nouvelle à Lysander.

Demeurée avec Agésilas, Mandane lui fait l'aveu sincère de son amour pour Cotys. Elle ne peut plus offrir au roi qu'une foi inviolalile; qu'il cliDiî^issc donc, ou de vaincre sou ataour, ou de recevoir d'une femme ce fçrand exemple. Il est plongé dans une cruelle i)er]ile\ilé, quand Lysander vient demaiidi-r pour l^olys la même faveur que le roi a bien \oiilu accordera Siiilriilate. — J'y consens, répond A;,'é>ilas : je saurai me surmonter moi-même.

ACt;>U„\S, û Xi'iiocIl-?.

Allez dire ;'i Colys que Jlamlane est à lui ; 0"C, si mes l'enx aux siens ne l'ont pas accordée. Pour vcnjier son amour du ce nionient d'ciumi, .le veux la lui céder comme il me l'a cédée. Ityezde plus.

l'-t que va devenir celle docle li.iranguc

Que du fameux 'Clcon .doit ennoblir la langue?

veprend-il en se tournant vers Lysander qui s'ai>prèle à se justilier. Mais Agésilas ne lui en laisse pas le temps, convient de ses torts, avoue qu'en la place* de rilluslre général il eût agi de même; enfin il l'invite à ne plus usurper un pouvoir qui ne lui a]ipavtient pas.

Agésilas propose à Aglalide, qiie vient d'introduire Xéiioclés, d'accepter un époux ue sa main : la jeune étourdie le conjure de ne point la faire déroger, et lui rappelle que jadis il lui permit de croire qu'elle partagerait sa couronne. — Il la laisse dans l'incertitude, jusqu'au moment où les deux couples heureux viennent le remercier.

ACC^M.AS.

Je VOUS ai fait justice à tous, El je crois que ce jour vous doit être assez doux Qui de Ions vos souhaits à votre gré décide; Mai<, pour le rendre cncor plus doux et plus charmant, Sachez que Sparle voit sa reine en Aglalide, A qui le ciel en moi reml son premier aujant.

ACHTIOE.

C'est me l'aire, seigneur, dos surprises nouvelles.

AGbSILAf».

Rendons nos cœurt, madame, à des flammes si belles; Kl tous ensemble allons préparer ce beau jour IJiti par un li'iple hymen couronnera l'amour.

r.XAME.N A.NALYTIQUK.

Page 1