ACTE TP.OISIE.ME
Soupçonnant qu'il a des rivaux, Attila a fait doubler sa garde et celle des rois et des princesses. Il apprend à Octarque Valentinien a fait périr Aétius, le seul général romain qui put encore défendii; l'empire, circonstance qui l'a décidé à épouser llonorie. 11 voudrait qu'Udione ]u'it le ba'ir; mais il la. voit paraître, et s'écrie :
Ah! vous me charmez trop, moi de qui l'àme .allièrc Cherche à voir sur mes pas liembler la terre entière; iloi qui veux pouvoir t'.ut, sitôt que je vous voi. Malgré tout ccl orgueil, je ne puis rien sur moi. Je veux, je tache en vain d'éviter par la fuite Ce cbarmc dominant qui marche à voti'C suite : Mes plus heureux succès ne fout qu'enloncer^mieux L'inévitable liail dont me percent vos yeux, l'n regard Imprévu leur fait une victoire; Leur moindre souvenir l'emporte sur ma gloire; Il s'empare, et du cœur, et desseins les plus doux: Lt j'oublie Attila dès que je jiense à vous.
Pour l'enllammer davantage, Ildione lui laisse entrevoir qu'elle l'aime.
\TTIIA.
Quoi! vous pourriez mainicr, madame, il votre tour?
EXAMEN ANALYTlnlE.
Oui sùiiic tant (Vliorrciirs fait naître peu tr.inrioiir. Qu'aimf;i"icz-vous eu moi? Je suis cruel, -barhai'o; Je n'ai que ma fiei'li', que ma fureur de ran; On me craint, on me liait, on me nonnnc en tnut lieu La terreur des mortels, et le fléau de Dieu.
Enfin il se reconnaît peu digne d'être aimé; et, comme il ciaint l'empire qu'lldione pourrait prendre sur lui, il se résout à é|)ouser Honorie.
Cette princesse arrive; elle apprend de la bouche d'Ildioiie l'injure que lui l'ait Attila en ne la choisissant (jtie comtne moins dangereuse qu'elle-même, et sort.
La fiere Honorie di''elare au roi qu'elle ne veut point de ce que refuse la sœur de Méro\ée; il lui répond que, s'il ne se trompe, ce noble orgueil s'abaisse jusqu'à Valamir.
liOSOBIE.
Et j'ai de quoi le mettre au-dessus de la [i\c, Sitôt que de ma main j'aurai fait sa conquête. Tu n'as, pour tout pouvoir, que des droits usurpés Sur des peuples surpris et des princes trompés; Tu n'as d'auloiilé que ce qu'en l'ont les crinits ; Siais il n'aura de moi que des droits lé;:iliiues ; El, lùt-il sous la rage à les pieds abattu, 11 est plus grand que toi, s'il a plus de vertu
ATTII.U
Imitez mes vertus ainsi que mes défauts
llONOniE.
La veiiu des tyrans est même îi délester. Ils se font réciproquement des menaces.