‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 640 sur 788 · ACTE CIXOnE)IE · texte numérisé non relu

ACTE CIXOnE)IE

Ardaric et Valamir se lamentent sur leur sort; mais Honorie '\ ient leur dévoiler l'affreuse polititiuo d'Ail ila.

Il veut, sous cet espoir qu'il donne i l'un cl l'aulre,

Votre sang de sa main, ou le sien de la vôtre;

Mais qui le servirait serait Liientôt livré

.\mx troupes de celui qu'il aurait massacré'':

E(, par le désaveu de celle obéissance,

Ce ti^'re assouvirait sa rage et leur vengeance.

Octar aime Flavie, et l'en vient d'avertir.

Bientôt Attila entre; un affreux sourire règne sur son visage :

Eli bien ! mes illustres amis.

Contre mes grands rivaux quel e-poir m'est permis? i'as un n'a-t-il pour S(h la digne complaisance D'acquérir sa pi incesse en perdant qui m'oncusc? Ouoi ! l'amour, l'amitié, tout va d'un froid égal ! l'as un de m'aime assez pour liaïr mon rival? Pas un de son objet n'a l'âme assez ravie Pour vouloir être heureux aux dépens d'une vie? Ouelsamis! quels amants! et quelle dureté J Daignez, daignez du moins la mettre en sûreté : Si tes deux intérêts n'ont rien qui la fléchisse, Que l'horreur de mourir à leur défaut agisse; Et, si vous n'écoulez r.àmitié ni l'amour. Faites un noble effort pour conserver le jour.

L'indignation des deux rois et de la prîScesse se fait jour. Attila brave leur vaine fureur; la vengeance céleste, dit-il.

Ce n'est rien; et, pourftioi s'il n'est point d'autre (oudrc. J'aurai pour ce départ du temps à m'y résoudre. D'autres vous enveriaient leur frayer le chemin; liais jeu laisserai faire à votre grand deslin,

lldione survient; elle emploie tous ses artifices pour rallumer l'amour d'Atlila, qui se laisse circonvenir.

Vous, qui me comman(lez de voiis donner ma foi. Madame, allons au temple; et vous, rois, suivez-moi,^

Honorie reste seule avec Octar; bientôt Valamir ' leur vient apprendre la mort du tyran.

Écoutez

Gemme enfin l'ont puni ses propres cruautés, El comme heureusement le ciel vient de souscrire A ce que no> malheurs vous ont fait lui prédire. A peine sortions-nous, pleins de trouble et d'horreur, •'Xîu' Attila reconmience à saigner de fureur,

EXAMEN ANALYTIQUE

Jl.iis avec abondance; et lesani; qui boullloniu' iMH-nie un si grand torrent, que liii-niônio il s'étonne. Tout surpris qu'il en csl : «S'il ne veul s';nrèler, •i Uit-il, on me paiera ce qu'il mon va coûter. » Il ilcmeure à ces mots sans (jarole, sans force; Tous ses sens d'avec lui font un soudain divorce : .'^a gorge enile; et, du sang dunl le cours sépaissil, [.e passage se ferme, ou du moins s'clrécil. De ce sang rcnfei'tné la vapeur en furie Sunilile avoir étouffé sa colère et sa vie; Kt déjà de son front la funeste pfdeur N'opposait à la mort qu'un reste de chaleur, Lorsr|u'une illusion lui i>réscnte son frère, Et lui rend tout d'un coup la vie et la colère : 11 croit le voir suivi des oMd)res de six rois, Iju'il se veut immoler une seconde fois; Mais ce retour si iirompt de la plus noiie audace .N'est qu'un dernier elVort de la nature lasse. Qui, prête à succomber sous la mort ijui l'atleinl. Jette un plus vif éclat, et tout d'un coup s'éteint. C'est en vain qu'il ruimiuc h cette affreuse vue; Sa rage, qui remît en même temps, le tue.

Ardaric suit de près Valamir; il raconte les suites de rinMifcux évéïieinont : Le soldat, dit-il, laisse édaler sa joie en iiiènie temps que sa haine pour le iiicmstre abattu; dans leur coiumune ivresse, les peuples ont salué comme successeurs d'Attila les deux rois des Gépides et des Ostrogoths.

La fin de nos périls en remplit tous les vœux ; !Ct, pour être tous quatre au dernier point lieureux, Nous n'avons plus qu'à voir notre tlamme avouée Du souverain de Home et du grand Mérouée.

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