ACTE CliNQlIÈ.ME
Tite s'informe de Flavian si Bérénice approuve la demande de Domitian; il sent que son cœur se^, révolte à cette idée et repousse la dure loi que lui fait subir la prévention des Itoniains contre le sang des rois... Bérénice cependant l'a fait monter au faite do la puissance; il l'épousera, dflt-il attirer sur lui la vengeance de Rome.
La vie est peu de chose; et, tôt ou tard, qu'importe Qu'un traître me l'arrache, ou que l'-àge l'emporle? Mous mourons h toute heure, et dans le plus doux sort Chaque instant de la vie est un pas vers la morl.
Impatiente de connaître son sort, Domitie vient deniatider à quoi il faut qu'elle se prépare, ou monter sur le trône, ou orner le triomphe d'une autre'? Tite embarrassé finit par lui dire qu'il attend l'arrêt du sénat et qu'il s'y conformera.
DOMITIE.
Suivez le, mais tremblez s'il llatle Irop son maître.
Ce grand corps tons les ans change d'âme et de cœurs;
C'est le même sénat, et d'autres sénateurs.
S'il alla pour Néron jusqu'à l'idolâtrie,
Il le traita depuis de traître à sa patrie.
Et léiluisit ce prince, indigne de son rang.
A la néces>ité de se percer le flanc.
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EXAMEN ANALYTIQUE
Vous ûtes ion amour, craignez d'èlrc sa luine Après l'in(li;,'nité d'épouser une reine.
Bérénice, baignée de larmes, vient implorer uni' dernière grâce : elle renonce ;i la main de Tile; mais que du moins l'ordre de son dejuirt parte de la bouche de l'empereur, et non de l'injustice du sénat. Tite s'empresse de donner à Flavian l'ordre d'aller interrompre la délibération.
Mais Domilian apporte l'arrêt si redouté : le sénat adopte la reine, le peuple même approuve avec joie cette juste ado[)lion. L'heureu.x Tite peut sans crime faire asseoir Bérénice sur le trône impérial; il est au comble de ses vœux. Toutefois la reine refuse ce douljlc lionneur.
Je n'abuserai point d'un surprenant respect
Qui semble un peu bien prompt pour n'être point suspect.
Souvent on se dédit de tant de complaisance.
Non que vous ne puissiez en fixer l'inconstance :
Si nous avons trop vu ses llux et ses reflux
Pour Galba, pour Olhon, et pour Vilcliius,
Rome, dont aujourd'hui vous êtes les délices,
.N'aura jamais pour vous ces insolents caprices.
Mais aussi cet amour qu'a pour vous l'univers
ÎS"e vous peut garantir des ennemis couverts ;
Un niillion de bras a beau garder un maître.
Un million de bras ne pare point d'un Irailrc .
Rome a sauvé ma gloire en me donnant sa voix ; Sauvons lui, vous et moi, la gloire de ses lois.
Tite et Domitian s'efforcent de détruire ses scrupules; elle veut partir aussitôt. L'empereur s'y oppose, et, pour lui témoigner sa recontiaissance d'un si généreux amour, lui jure qu'un autre ne recevra pas la main qui lui était destinée. S'adressant ensuite à Domitian :
Prince, après mon trépas soyez sûr de l'empire; Prenez-y part en frère, attendant que j'expire. Allons voir Domitie et la flécliir pour vous : Le premier rang dans Rome est pour elle assez doux; "Et je vais lui jurer qu'à moins que je périsse Elle seule y tiendra celui d'impératrice.
PULCIIERIE
TRAGÉDIE EN CI.NQ ACTES. — 1072
« Bien que celte pièce ait été reléguée dans un lieu où l'on ne voulait plus se souvenir qu'il y eût un théâtre, bien qu'elle ait passé par des bouches pour qui l'on n'était prévenu d'aucune estime, bien que ses principaux caractères soient contre le gofit du temps, elle n'a pas laissé de peupler le désert, de mettre en crédit des acteurs dont on ne connaissait pas le mérite, et de faire voir qu'on n'a pas toujours besoin de s'assujettir aux entêtements du siècle pour se faire. écouter Sur la scène. »
[Pn'faci: de Conicille.)