ACTE DEL'XIBIE
Le sénat vient de nommer Puleliérie impératrice; Martian, qui a considérablement aidé à ce résultat, l'annonce à sa lille Justine. Elle soupire, et avoue qu'elle aime Léon; à son tour .Martian lui révèle les sentiments que lui inspire Pulchérie.
l'aime, et depuis dix ans ma flamme et mon silence 9 Foui à mon trisle cœur é^'ale violence : J'écoule la raison, j'en ïoùlc les avis. Et les mieux écoulés sont les plus mal suivis.
Croyant que la vieillesse suflirail pour le défendre, son cœur n'a pas été en garde contre les charmes de Pulchérie, et sa hcnte égale son amour. — Justine a puisé dans les confidences de la princesse celui qui la dévore en secret; elle renonce à l'espoir depuis longtemps caressé de voir quelque obstacle imprévu s parer les deux amants.
Poursuivi par sa jalouse ambition, Aspar vient opprendie à .Martian que le peuple veut s'opposer au choi.x que Pulchérie se propose de faire de Léon.
Il esl jc'une, cl l'on craint son peu d'expérience. Considérez, seigneur, combien c'est hasarder : ijui n'a fait qu'obéir saura mal commander; On n'a point vu sous lui d'armée ou de province...
M»liTI.\N.
Jamais un bon sujet ne devint mauvais prince; Et, si le ciel en lui répond mtd à nos vœux, L'an^usle l'ulcbcrie en sait assez pour deux.
Aspar doute que les vieux généraux de l'empire consentent à recevoir les ordres d'un jeune homme à qui jusqu'alors ils en ont donné, et linit par insinuer que le seul moyen de prévenir les dissensions serait que .Martian lui-même épousât Pulchérie.
M\RTIVN.
Moi. seigneur, dans nn âge où la tombe ni'allend ! En maître pour deux jours n'est pas ce qu'on prélend. Je sais le poids d'un si eplrc, et connais trop mes forces Pour être ,cncor sensible à ces vaines amorces.
Aspar sort; Léon arrive, au comble du désespoir : depuis son élection il ne trouve en Pulchérie qu'une ingrate. Ce n'est pas qu'elle ait abjuré ses serments;, non, mais elle hésite, et Léon, dont le seul titre est l'aqiour, veut que l'amour triomphe sans hésitation.
Martian lui promet de voir Pulchérie et de la lui ramener. Léon le quitte un peu moins agité. —
Ilesté seul avec sa fille, Martian l'exhorte à suivrfv l'exemple qu'il va lui donner en faisant abnégation d'elle-même.
Le ïérilablc amour n'est point intéressé; Allons, j'achèverai comme j'ai commencé : Suis l'exemple, fais voir qu'une âme généreuse Trouve dans sa vertu de quoi la rendre heureuse.