‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 648 sur 788 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Pulcliérie brûle de partager le trône avec Léoii, ce qui la relient, c'e.st la crainte de la désapprobation du sénat.

Que ne m'en fail-il donc une obliicanle loi!

Ce n'est pas le choisir que s'en remellre à moi;

C'est attendre l'issue à couvert de l'orage.

Si l'on m'en applaudit, ce sera son ouvraire;

Kl, si j'en suis blâmée, il n'y veut point de part :

En doute du succès, il en fuit le hasard;

Et, lorsque je l'en veux iraranl vers tout le monde.

Il veut qu'à l'univers moi seule j'en ré; onde.

Martian consentirait volontiers à employer soji crédit auprès des sénateurs, mais il croit que ce serait échouer; il conseille donc à l'impératrici* de remplir le serment qu'elle a fait avant son élection.

Je suis impératrice, et j'étais Pulchérie,

répond-elle ; il ne faut pas, écoutant l'amour, signaler ainsi le commencemenl de mon règne ; d'ailletijrs, la jeunesse de Léon ne fera-t-elle pas croire que je veux régner sous son nom'? Vous-même ne vousaccùsera-t-on pas d'avoir voulu sous un fantôme d'empereur conserver les rênes du pouvoir? — Je me placerai au-dessus de ces soupçons, répond Martian; car,aussilùtque Léon sera devenu votre époux, je m'éloignerai de Byzance

Pour aller dans le calme et dans la solitude, Me la mort qui m'attend faire l'heureuse élude.

Lt pour prix de mes longs services, je ne demande que de mourir à moi. — (11 sort.)

PULCnÉKlS.

Que me dil-il, Justine, et de quelle relraile Ose-t-il menacer l'Iiymen qu'il me souhaite"?.... S'il était dans un à^'e à prétendre à ma foi. Comme il se: ait de tous le plus diine de moi. Ce qu'il donne à penser aurait quelque apparence, Slais les ans font dû mettre en entière assurance.

lievenanl aussitôt à son amour pour Léon, elle piio Justine de l'aidera s'en défendre; elle voudrait même que sa confidente essayât de se faire aimer de lui.

Mais Léon se présente, et Pulchérie, tout en lui reprochant de douter de son amour, déclare de nouveau qu'elle ne le choisira pour époux qu'autant qu'il serait désigné par le sénjit.

Tel contre vous et moi s'osera révolter. Qui contre u^ si grand corps craindrait de s'emporter. El. méprisant en moi ce que l'amour m'inspire, Piespeclerait en lui le démon de l'empire.

EXAMi-N ANALYTfOUE.

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