ACTE CINQUIÈME
Eurydice vient d'apprendre de la bouche même d'Orode, qu'à moins de la double union projclée, Suréna serait banni de la cour jusqu'à ce ([u'elle-nième se soit soumise. Elle instruit son ornant de cette décifioii suprême: il répond :
Plus ou sert îles ingrats, plus on s'en fait luïr; Tout ce qu'on lait pour eux ne sert qu'à nous tialiir . Mon visage l'olTense et ma gloire le blesse; Jusqu'au l'ond de mon àme il cherche une bassesse, ICt lâche à s'ériger, par l'ollrc ou par la peur, De roi que je l'ai lait, en lyran de mon cœur.
Instruite de Tordre cruel qui atteint son frère, l'almis accourt, et lui fait le tableau des funestes projets que la jalousie des envieux peut inspirer aux
rois.
sur.ÉNA.
si uja uiiirt plaît au roi, s'il la veut tflt ou tard. J'aime mieux qu'elle soil un crime qu'un hasard; Qu'aucun ne l'attribue à celte loi commune Qu'impose la nature et règle la fortune.
Palmis le conjure d'accepter la main de Mandane ; mais il a promis de n'être point à d'autre qu'à Eurydice et restera lidèle à ses serments.
Quoi! vous vous llgurez que l'heureux nom de gendre,
Si ma perte est jurée, a de quoi m'en défondre, .
Quand, malgré la natur", en dépit de ses lois,
Le parricide a fait la moitié ilc nos rois.
Qu'un frère pour régner se baigne au sang d'un. frère,
Qu un nis iuq)alicnt prévient lu nmrt d'un père? Notre Orode lui-nu}ine, où serait-il sans moi'? Mithridale pour lui monirait-il plus de foi? Croyez-vous l'.icorus bien plus sur de l'hradalc? J'en connais mal le cu'ur, si biiuilèil II n'éclate, El si, de ce haut rang .pic j'ai vu l'éblouir. Son père et sou aîné peuveul longtemps jouir. Je n'aurai plus de bras alors pour leur défc'nse.
Il ne peut croire que la mort soit le prix dfint Orode payera ses services et se soustrait aux prières lie sa Kirur.
Palmis éplorée reproche à Eurydice de ne l'avoir point secondée, d'être resiée inuetlo pendant cet entretien : lAirydice aura peut-être à se reprocher la mort de Suréiia, dont la sœur, par ses vives sollicitations, force la jalouse amante à consentir qu il épouse Mandane. Ormène arrive; Eurydice s'apprête à lui ordonner de porter ce message à Surêna; mais la voyant pâle, trcmblanle, atterrée, que se passe-t-il.' demande-t-elle. — Suréna...
A peine du palais il sortait dans la rue, Qu'une flètlie a parli d'une main inconnue; lieux autres l'ont suivie; cl j'ai vu ce vaiuquetu'. Connue si toutes trois l'avaient atteint au cœur. Dans un ruisseau de sang tondjer mort sur la place.
Eurydice reste comme anéantie; Palmis, toute à son dê-^espoir, appelle le courroux du ciel sur le lâche roi par les ordres duquel le meurtre a été commis' enfin, apostrophant Eurydice :
Et vous, madame, et vous, dont l'amour inutile.
Dont l'intrépide orgueil parait eucor traucpiille,
\'ous qui, brûlant pour lui, sans vous déterminer.
Ne l'avez tant aimé que pour l'assassiner.
Allez d'un tel amour, allez voir lout l'ouvrage,
En recueillir le fruit, en goûter l'avantage.
(luoi! vous causez sa perle et n'avez point de pleurs!
EURÏDII.E.
Non, je ne pleure point, madame; mais je meurs