‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 684 sur 788 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

TilÉSÉE, AlilANE, KÉlilNE.

THÉSÉE

Il faut l'avouer à sa gloire, Sa vertu va plus loin que je n'aurais pu croire. Au bonheur d'un rival lui-même consentir!

AUIANE.

L'honneur à cet effort a dû l'assujettir. Qu'eût-il fait? il sait trop que mon amour extrême, En s'attachant à vous, n'a cherché que vous-même; Et qu'ayant tout quitté pour vous prouver ma foi Mille trônes offerts ne pourraient rien sur moi.

THÉSÉE

Tant d'amour me confond; et plus je vois, madame, Que je dois...

ARIANE

Apprenez un projet de ma flamme.

Pour m'attacher à vous par de plus fermes nœuds. J'ai dans Pirithous trouvé ce que je veux. Vous l'aimez chèrement; il faut que l'hyménée De ma sœur avec lui joigne la destinée. Et que nous partagions ce que pour les grands cœurs L'amour et l'amitié font nattre de douceurs. Ma sœur a du mérite; elle est aimable et belle. Suit mes conseils en tout; et je vous réponds d'elle. Voyez Pirithoiis, et tâchez d'obtenir Que par elle avec nous il consente à s'unir.

THÉSÉE

L'offre de cet hymen rendra sa joie extrême : Mais, madame, le roi... Vous savez qu'il vous aime. S'il.faut...

ABIASE.

Je vous entends : le roi trop combattu Peut laisser à l'amour séduire sa vertu.

Cet inquiet souci ne saurait me déplaire; Et, pour le dissiper, je sais ce qu'il faut faire.

IIIÉJÉE.

C'en est trop. ...Mon cœur... Dieux!

ARIANE

Que ce trouble m'est doux !

Ce qu'il vous fait sentir, je me le dis pour V( us. Je me dis...

TnÉSÉE.

Plût aux dieux! vous sauriez la contrainte...

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