‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 685 sur 788 · ARIA^X · texte numérisé non relu

ARIA^X

Encore un coup, perdez cette jalouse crainte : .l'en connais le remède ; et, si l'on m'ose aimer, Vous n'aurez pas longtemps à vous en alarmer.

THÉSÉE

Minos peut vous poursuivre, et si de sa vengeance...

Et n'ai-je pas en vous une sûre défense?

THÉSÉE

Elle est siire, il est vrai ; mais...

ARIANE

Achevez.

THÉSÉE

J'attends...

ARIANE

Ce désordre me gène et dure trop longtemps. Expliquez-vous enfin.

THÉSÉE

Je le veux et ne l'ose; A mes propres souhaits moi-même je m'oppose; Je poursuis un aveu que je crains d'obtenir. Il faut parler pourtant : c'est trop me retenir.

Vous m'aimez, et peut-être une plus digne tlammo N'a jamais eu de quoi toucher une grande âme. Tout mon sang aurait peine à m'acquilter vers vous; Et cependant le sort, de ma gloire jaloux, Par une tyrannie à vos désirs funeste... Adieu : Pirithous vous peut dire le reste. Sans Eamour qui du roi vous soumet les États, Je vous conseillerais de ne l'apprendre pas.

Page 1