‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 704 sur 788 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ARIASE, riBlTllOl'S, ^Élll^t;.

ARIA.NE, à iNL-riiic.

Que fait ma sonir? \ ient-ellc?

Avec quelle surprise elle va rece\oir La nouvelle d'un coup qui confond mon espoir, b'un coup par qui ma haine à languir est forcée !

>Ér.i>E.

Madame, j'ai longtemps...

Ar.IA>E.

Où l'as-lu donc laissée?

Parle.

^Ér.l^■^;.

De tous côtés j'ai couru vainement; On ne la trouve point dans son appartement.

AnUNE.

On ne la trouve point! Quoi! si matin! Je tremble. Tant de maux à mes yeux viennent s'offrir ensendile. Que, stupide, égarée, en ce trouble importun. De crainte d'en trop voir, je n'en regarde aucun. - ?{'as-tu rien ouï dire?

>ÉF,1NE.

On parie de Thésée.

On veut que cette nuit, voyant la fuite aisée...

AlilANE.

0 nuit! ô trahison dont la double noirceur Passe tout. ..Mais pourquoi m'alarmerde ma sœur? Sa tendresse pour moi, l'intérêt de sa gloire. Sa vertu, tout enfin me défend de rien éroire. Cependant contre moi quand tout prend son parti. Elle ne parait point, et Thésée est parti ! Qu'on la cherche; c'est trop languir dans ce supplice; Je m'en sens accablée, il est temps qu'il finisse. Quoique mon cœur rejette un doute injurieux, Il a besoin, ce cœur, du secours do mes yeux. La moin ire inquiétude est trop lard ap;iisée.

-ne

ARIANE

Page 1