SCÈNE II AIiu^E. rmiTiioLs
Af-.USE.
liih bien, puis-je accepter la main qui m'est offerte? Le roi s'empresse-t-il à réparer ma perte? F.t. pour me laisser libre à p^yer son amour, Le l'hymen de Thésée a-t-on choisi le jour.'
l'IIilTlIOUS.
Le roi sur ce projet entretint hier Thésée; Mais il trouva son âme encor mal disposée. II est pour les ingrats de rigoureux instants; Thésée en fit l'épreuve et demanda du temps.
.\niANE.
Différer d'être heureux après son inconstance. C'est montrer en aimant bien peu d'impatience; Et ce nouvel objet dont son ca>ur est épris Y doit pour son amour croire trop de mépris. Pour moi, je l'avouerai, sa trahison me fâche; Mais, puisqu'en rue quittant il lui plaildètre lâche. Si je dois être au roi, je voudrais que sa main Lût pu déjà fixer mon destin incertain. L'irrésolution m'embarrasse et me gêilc.
PIEIIIIOIS.
Si l'on m'avait dit vrai, vous seriez hors de peine; Mais, madame, je puis être mal averti.
AHIASE.
Et de quoi, prince?
piniTiious.
On dit que Thésée est parti.
Par là vous seriez libre.
Ar.lASE.
Ah ! que viens-je d'entendre?
Il est parti, dit-on?
rip.iTiious. Ce bruit doit vous surprendre.
Alll»>K.
Il est parti! Le ciel me trahirait toujours! Mais non; que deviendraient ses nouvelles amours? l'erail-il cet outrage à l'objet qui l'enflainnic? L'abanùonnerait-il?
l'ir.iTiioL's.
Je ne sais; mais, madame, L'n vaisseau cette nuit s'est échappé du port.
Al-.IANE.
Ce n'est pas lui, sans doute; on le soupçonne à tort. Peut-il être parti sans que le roi le sache, Sans que Pirithous, à qui rien ne se cache. Sans qu'enfin... Mais de quoi me voudrais-jeétonner? (Jue ne peut-il pas faire? 11 m'ose abandonner. Oublier un amour qui, toujours trop lidèle. M'oblige encor pour lui...