‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 732 sur 788 · II. JLAN · texte numérisé non relu

II. JLAN

J'avais, pour fuir l'iiymen, d'assez puissantes causes; .Mais, pour vous faire entrer au couvent malgré vous. Savoir qu'à la menace on ajoute les coups, C'est un acte inhumain dont je me rends coupable Si je ne vous épouse.

SGANAREI.LE.

Il est fort charitable :

Voyez! se marier pour vous oter l'ennui ll'ètie religieuse! Attendez tout de lui.

LÉONOR

Si j'osais ni'assurer...

SGANARF.LLE.

C'est une bagatelle [Juc ce qu'il vous promet. Sa bonté naturelle Va si loin, qu'il est prêt, pour faire trêve aux coups, D'épouser, s'il le faut, votre tante avec vous.

lÉoNOR.

Ah! qu'il n'en fasse rien; elle est si dégoûtante... Mais, moi, suis-je assez belle...

D. JUAN

Ah ciel! toule charmante.

Quelle douceur pour moi de vivre sous vos lois! Non, ce qui fail l'hymen n'est pas de noire choix, J'en suis trop convaincu; je vous connais à peine, El tout à coup je cède à l'amour qui m'entraîne.

LÉONOll.

Je voudrais qu'il fCit vrai; car ma tante, et la peur (Jue nie fait le couvent ..

D. JUAN

Ah ! connaissez mon cœur Voulez-vous que ma foi, pour \feuve iiidubilrablc, Vous fasse le serment le plus épouvantable? Que le ciel...

LÉiiNOR.

Je vous crois, ne jurez point.

D. JUAN

Eh bien?

LÉllKOK.

Mais, pour nous marier sans que l'on en sût rien. Si la chose pressait, comment faudrait-il faire?

D. JUAN

Il faudrait avec moi venir chez un notaire, ' Signer le mariage; et, quand tout serait fail, A'ous laisserions gronder votre tante.

SOANARELLE.

En effet, Quand une chose est faite, elle n'est pas à faire.

LtONilR.

Oh! ma tante et ma sœur seront bien en colère; Car j'aurai, pour ma part, plus de vingt mille écus; liien des gens me l'ont dit.

D. JUAN

Vous me rendez confus.

Pensez-vous que ce soit \otre bien qui m'engage? Ce sont les agréments de ee-charniant visage,

Page 1