‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 737 sur 788 · D. CARLOS, D. JUAN · texte numérisé non relu

D. CARLOS, D. JUAN

D. CARLOS

Ces voleurs, par leur fuite, ont fait assez connaître Qu'où votre bras se montre on n'ose plus paraître; Et je ne puis nier qu'à cet heureux secours. Si je respire encor, je ne doive mes jours : Ainsi, monsieur, souffrez que, pour vous rendre D. JUAN. [grâce...

J'ai fait ce que vous-même auriez fait en ma place; Et prendre ce parti contre leur lâcheté Etait plutôt devoir que générosité.

.Mais d'où vous êtes-vous attiré leur poursuite?

D, CARLOS

Je m'étais, par malheur, écarté de ma suite; Ils m'ont rencontré seul, et mon cheval tué A leur infâme audace a fort contribué.

Sans vous, j'étais perdu.

D. JUAN

Vous allez à la ville?

D. CARLOS

Non; certains intérêts...

D. JUAN

Vous peut-on être utile?

D. CARLOS

Cette offre met le comble à ce que je vous doi. Une affaire d'honneur, très-sensible pour moi, M'oblige dans ces lieux à tenir la campagne.

I). JUAN

Je suis à vous; souffrez que je vous accompagne, .Mais puis-je demander, sans me rendre indiscret. Quel outrage reçu...

D. CARLOS

Ce n'est plus un secret ; Et je ne dois songer, dans le bruit de l'offense. Qu'à faire promptenient éclater ma vengeance. Une sœur, qu'au couvent j'avais fait élever, Depuis quatre ou cinq jours s'est laissée enlever. Un don Juan Giron est l'auteur de l'injure :

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