SCÈNE VII
D. JL'AN, SGANAUELI.E.
D. JOAN
llolâ, ho, Sganarelle!
SGANARELIE, dorricre le Uiéâlre.
Qui va là?
D. JUAN
Viendras-tu?
SGANARELLE
Tout à l'heure. Ali ! c'est vous?
ri. JDAN.
Coquin, quand je me bats, tu te sauves des coups?
SGANARELLE
J'étais allé, monsieur, ici près, d'où j'arrive : Cet habit est. je crois, de venu purgative; Le porter, c'est autant qu'avoir pris...
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LE FRSTIN DE l'IKlilIR.
D. JUAN
Effronté !
D'un voilp honnête, au moins, couvre la lâcheté.
SGANAP.ELLE.
IVun vaillant homme mort la gloire se publie; Mais j'en fais moins de cas que d'un poltron en vie.
D. JUAN
Sais-tu pour qui mon bras vient de s'employer?
SCANAIŒ1.LE.
Non.
Piiur un frère d'Elvire.
SCANAUELLE.
Un frère? Tout de bon?
D. JUAN
.l'ai regret de nous voir ainsi brouillés ensemble; Il paraît honnête homme.
SGANAr.ELLE.
Ah! monsieur, il me semble (Ju'en rendant un peu plus de justice à sa sœur...
D. JUAN
Ma passion pour elle est usée en mon cœur, Et les olijcts nouveaux la rendent si sensible, (Ju'avec l'engagement il est incompatible. [renls, D'ailleurs, ayant pris femme en \ingt lieux diffé- Tu sais pour le secret des détours que je prends : A ne point éclater, toutes je les engage; Et, si l'une eu public avait quelque avanlage, Les autres parleraient, et tout serait perdu.
SGANARELLE
Vous pourriez bien alors, monsieur, être pendu.
D. JUAN
Maraud !
SGANARELLE
Je vous entends; il serait plus honnête. Pour mieux vous ennoblir, qu'on vous coupât la tête; Mais c'est toujours mourir.
D. JUAN, voyant un lonil)cau sur lequel est une sLalue.
Quel ouvrage nouveau Yoi;-je paraître ici?
SCANAP.ELLE.
Bon ! et c'est le tombeau Où votre commandeur, qui pour lui le fit faire, Grâce à vous, gît plus tût qu'il n'était nécessaire.
D. JUAS.
On ne m'avait pas dit qu'il fût de ce coté. Allons le voir.
SGANARELLE
Pourquoi cette civilité?
Laissons-le là, monsieur; aussi bien il me semble Que vous ne devez pas être trop bien ensemble.
D. JUAN
(Test pour faire la pai\ que je cherche à le voir : El, s'il est galant homme, il doit nous recevoir. Entrons.
SGANARELLE
Ah! que ce marbre est beau! Ne lui déplaise, Il s'est Ij, pour un mort, logé fort à son aise.
D. JCAS.
J'ailmire celle aveugle et sotte vanité.
Un homme, en son vivant, se sera contenté
D'un bâtiment fort simple, et le visionnaire
En vent un tout pompeux quand il n'en a que f^iire
SCANAREI.l.E.
Voyez-vous sa statue et comme il tient sa main?
Parbleu! le voilà bien en empereur rojuain.
SCANARtLlE.
M me fait quasi peur. Quels regards il nous jette! C'est pour nous obliger, je pense, à la retraite; Sans doute qu'à nous voir il prend peu de plaisir
D. JUAN
.Si de venir dîner il avait le loisir,
Je le régalerais. De ma pari, Sganarellc,
Va l'en prier.
SGANARELLE
Lui?
D. JUAN
Cours.
SGANAGELLE.
La prière est nouvelle!
Un mort! Vous moquez-vous?
D. JUAN
Fais ce que je t'ai dit.
SGANARELLE
Le pauvre homme, monsieur, a perdu l'appétit.
D. JUAN
Si lu n'y vas..
J'y vais... Que faut-il que je di.so?
D. JIAN.
Que je l'attends chez moi.
SGANARELLE
Je ris de ma sottise; Mais mon maître le veut. Monsieur le commandeur, Don Juan voudrait bien avoir chez lui l'honneur De vous faire un régal. Y viendrez-vous?
(La statue baisse la tôle; et Sganaielle, tombant ïUi- les gdnoux, s'écrie : )
A l'aide!
D. JUAN
Qu'est-ce? qu'as-tu? Dis donc.
SGANARELLE
Je suis mort, sans remède.
La statue...
D. jr\N.
Eh bien, quoi? Que veux-tu dire?
SGANARELLE
Hélas!
La statue...
D. JUAN
Enfin donc, tu ne parleras pas?
SCANARELLE.
Je parle! et je vous dis, monsieur, que la statue...
Encor?