‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 763 sur 788 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

MS

Mais Raloigh, mais Coban, mais vous-nu^nie pcul- Vous en avez beaucoup à me dOclarer trailre. [Hre, Tant qu'on me laissera dans le poste où je suis, Vos avares desseins seront toujours dotriiiis. Je vous empêcherai d'augmenter vos forlunes Par le redoublement des misères cnmn\unes; Et le peui)lc, réduit à gémir, endurer, Trouvera, malgré vous, peut-être à respirer.

CÉCILE

Ce que ces derniers jours nous vous avons vu fairo Montre assez qu'eu effet vous êtes populaire. Mais, dans quelque haut rang que vous soyez placé. Souvent le plus heureux s'y trouve renversé : Ce poste a ses périls.

LE COMTE d'bS£EX.

Je l'avouerai sans feindre, Comme il est élevé, tout m'y paraît à craindre; Mais, quoique dangereux pour qui fait un faux pas, Peut-être encor silùt je ne tomberai pas, Et j'aurai tout loisir, après de longs outrages. D'apprendre qui je suis à des tlatteurs à gages, Qui, me voyant du crime ennemi trop constant, Ne peuvent s'élever qu'en me précipitant.

CÉCILE

Snr un avis donné...

0 LE CO.MTE D'eSSEX.

L'avis m'est favorable; Mais, comme l'amitié vous rend si chafritable. Depuis quand et sur quoi vous croyez-vous permis De penser que le temps ait pu nous rendre amis? Est-ce que l'on m'a vu, par d'indignes faiblesses. Aimer les lâchetés, appuyer des bassesses, Et prendre le parti de ces hommes sans foi Qui de l'art de trahir font leur unique emploi?

CÉCILE

Je souffre par raison un discours qui m'outrage; Mais, réduit à céder, au moins j'ai l'avantage Que la reine, craignant les plus grands attentats, Vous traite de coupable et ne m'accuse pas.

LE COMTE d'eSSEX.

Je sais que contre moi vous animez la reine. Peut-être à la séduire aurez-vous quelque peine. Et, quand j'aurai parlé, tel qui noircit ma foi Pour obtenir sa grâce aura besoin de moi.

CÉCILE, seul.

Agissons, il est temps; c'est trop faire l'esclave. Perdons un orgueilleux dont le mépris nous brave : Et ne balançons plus, puisqu'il faut éclaterT A prévenir le coup qu'il cherche à nous porter.

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