‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 770 sur 788 · ACTE m · texte numérisé non relu

ACTE m

Ce que mes ennemis en voudront présumer, Quoi qu'ose leur fureur, ne saurait rn'alarmer. leur imposture enfin se verra ilcVouverte; lit, tout inécliants qu'ils sont, s'ils résdlvent ma perte. Assemblés pour l'arrèl qui doit me condamner. Ils trembleront peut-être avant que le donner.

U DICIIESSE.

i>i rctlat qu'au palais mon hjmen vous lit faire Me faisait craindre seul un arrêt trop sévère, Je pourrais de ce crime affrancliir votre foi .'In déclarant l'amour que \ous eûtes pour moi. liais des témoins ouïs sur ce qu'avec l'Irlande On veut que vous ayez...

LE COMTE liESsEX.

La faute n'csl pas grande ; Et, pourvu que nos feux, à la reine cachés. Laissent à mes jours seuls mes malheurs attachés...

LA DUCHESSE

Quoi! vous craignez l'éclat de nos flammes secrètes? t.'c péril vous étonne? et c'est vous qui le faites? La reine, qui se rend sans rien examiner, Si vous y consentez, vous veut tout pardonner. C'est vous qui, refusant..^

LË.iCOMTE d'eSSEX.

.N'en parlons plus, madame :

Qui reçoit un pardon souffre un soupçon infâme; Lt j'ai le cteiir trop haut pour pouvoir m'ahaisser A lindigne prière où l'on veut me forcer.

LA DCCIIESSE.

Ah ! si de quelque espoir je puis flatter ma peine. Je vois bien qu'il le faut mettre tout en la reine. Par de nouveau.x efforts je veux encor pour vous Tâcher, malgré vous-même, à vaincre son courroux ; Mais, si je n'obtiens rien, songez que votre vie. Depuis longtemps en butte aux fureurs de l'envie, Me coûte assez déjà pour ne mériter pas Que, cherchant à mourir, vous causiez mon trépas. C'est vous en dire trop. Adieu, comte.

LE COSIIE o'eSSEX.

Ah! madame, Après que vous avez désespéré ma flamme, Par quels soins de mes jours. .. Quoi ! me quitter ainsi!

se KM- VII

LE COMTR DESSi;.\, CROMM^i;, shte.

CROMMER.

C'est avec déplaisir que je parais ici;

Jlais un ordre cruel, dont tout mon cœur soupire...

LE COMTE n'ESS^.

Quelque fâcheux qu'il soit, vous pouvez me le dire.

Cr.OMMtR.

J'ai charge...

LE C0>:TE d'eSSEX.

Eh bien, de quoi? parlez sans hésiter.

CROUSIEIl.

De prendre votre épée, et de vous arrêter.

SCÈiNE I.

.Mon épée?

tr coMTf d'essei.

CROXMER.

A cet ordre il faut que j'obéisse.

LE COMTE d'e^SEX.

Mon épée? Et l'outrage est joint à l'injustice?

CROMMER.

Ce n'est pas .«ans raison que vous vous étonnez^ J'obéis à regret, mais je le dois. -^

LE COMTE d'essex, lui donnant so^lfpcc.

Prenez.

Vous avez dans vos mains ce que toute la terre A vu plus d'une fois utile à l'Angleterre. .Marchons : quelque douleur que j'en puisse s>:'ntir, La reine veut se perdre, il faut y consentir.

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