SCÈNE II
ELISABETH, TILNEY, hX DUCHESSE.
IX DICUESSE.
Ah! grâce pour le comte! on le mène au supplice.
ÉUS.IBETD.
Au supplice?
LA DCCHESSE. "
Oui, madame; et je crains bien, hélas!
Que ce moment ne soit celui de son trépas.
ÉLIS.VBEIH, à Tilney.
Qu'on l'empêche : cours, vole et fais qu'on le ramène.
Je veux, je veux qu'il vive. Enfin, superbe reine.
Son invincible orgueil te réduite céder!
Sans qu'il demande rien, tu veux tout accorder 1
11 vivra, sais qu'il doive à la moindre prière
Ces jours qu'il n'emploiera qu'à te rendre moinsfière.
Qu'à te faire mieux voir l'indigne abaissement
Où le porte un amour qu'il brave impunément!
Tu n'es plus cotte reine autrefois grande, auguste :
Ton cœur s'est fait esclave; obéis, il est juste.
Cessez de soupirer, duchesse, je me rends.
Mes bontés de ses jours vous sont de suis garants.
C'est fait, je lui pardonne.
LA DDcnEsse.
Ah ! que je crains, madame.
Que son malheur trop tard ait attendri votre àme! L'ne secrète horreur me le fait pressentir. .l'étais dans la prison, d'où je l'ai vu S'^irtir; l.a douleur, qui des sens m'avait ôté l'usage. M'a du temps près de vous fait perdre l'avaiilage; Et, ce qui doit surtout augmenter mon souci. J'ai rencontré Coban à quelques pas d'ici. De votre cabinet, quand je me suis montréCi Il a presque voulu me défendre l'entrée. Sans doute il n'était là qn'afin de détourner Les avis ([u'il a craint qu'on ne vous vînt donner. Il hait le comte et prête au parti qui l'accable (Contre ce malheureux un secours redoutable. On vous aura surprise; et telle est de mon sort...
ELISABETH
Ah ! si ses ennemis avaient hâté sa mort.
Il n'est ressentiment ni vengeance assez prompte
Qui me pût...