ACTE V, SCÈNE VI
JAISBUR»'.
Pour moi, sans nie connaître, Tout plein de ma douleur, n'en étant plus le maître. J'avance et cours vers luid'un pas préripit-'. Au pied de l'échafaud jo Iç trouve arrc'té. Il nie Voit, il m'embrasse; et, sans que rien lï-tonnie : ï Quoiqu'à tort, me dit-il, la reine me sonproiuie, ' « Voyez-la de ma p'art, et lui l'ailes savoir fP^ « Que. rien n'ayant jamais ébranlé mon devoir, « Si contre ses bontés j'ai f;iit voir quelque audace,
• Ce n'est point par fierté que j'ai refusé grâce. « Las de vivre, accablé des plus mortels ennuis, « En courant à la mort, ce sont eux que je fuis;
• El, s'il m'en peut reslerquand je l'aurai soufferte,
• C'est de voir que, déjà ti^onii)hant de ma perl^ « Mes lâches ctijj^iiis lui feront éprouver... »
(In ne lui donne pns le loisir dacbcver : On veut sur l'éfliafaud qu'il paraisse. II y monte; ijjninie il se dit sans crime, il y parait sans honte; Va, saluant le peuple, il le voi#tout eu pleurs Mus vivement que lui ressentir ses malheurs. Je tâche cependant d'obtenir qu'on diffère Tant que vous ayez su ce que l'on osfe faire. Je pousse mille cris pour me faire écouter:
.Mes cris hâtent le coup qne je pense arrêter. Il se met à genoux ; déjà le fer s'apprête; D'un visage intrépide il présente sa tête, I Qui du tronc séparée...
ÉUSABF.Tn.
Ah! ne dites plus rien :
Je le sens, son trépas sera suivi du mien. Fière de tant d'honneurs, c'est par lui que je règne; C'est par lui qu'il n'est rien où tna grandeur n'at-
[teigne; Par lui, par sa valeur, on tremblants ou défaits. Les plus grands potentats m'ont demandé la paix; Et j'ai pu me résou4|jï... Ah! remords inutile! Il meurt, et par loi seule, ô reine trop facile! Après que tu dois tout à ses fameux exploits. De son sang pour l'État^épandu tant de fois, Qui jamais eilt pensé qu'un arrêt si funeste Dût sur un échafaud faire verser le reste? Sur un échafaud, ciel ! quelle horreur! quel revers! .Allons, comte; et du moins aux yeux de l'univers Faisons que d'un infâme et rigoureux supplice Le»honneurs du tombeau réparent l'injustice. Si le ciel à mes vœux peut se^isser toiu;^er, Vous n'aurez pas longtemps à me te reprocher.
FI.X Dn COMTE Ij'ESSCX ET DES ŒUVRES CHOISIES DE TIIOIIAS; COn.VElLLn.
TABLE I)S:S MATIKUES
CONTEMES 11 \\S i:i'. Mil I "F,
Pages.
Vie lie r. Corneille, (j.rFonlcncllc i
Supiiléiuent à la Vie de P. Corneille 5
DlSCOL'liS SLR l.K POÈME llliA>;.\Tini E.
PiiEtiiin Discoins. — Sur l'utilité el sur les parties du '''lioeme di-anialique 8
Deuxième iuscocrs. — Sur la trapédie et sur les moyens de 1.1 traiter selon le vraisembl.iMe ou le nécess^iire. 18
TROtsicME DiscorR^. — Sur les trois unités d'action, de jour et de lieu ^
DisoicBs A l'acadéuie 5"
MÉDÉE
TRAGÉDIE EN" CIN'J ACT^S. (lC5o.^
Prei^ce de Voltaire .« . 59
Épitre de Corneille, à M. P. T. iN. G M)
Sliidée. . . . .<; 41
Exaiircn de Médée •. 59
LE cm.
TRAGÉDIE E:« cinq ACTE^. i ItJôli. I
Prclace de Voltaire sur le Cid 61
A M.idaiiie la duchesse d'Aiguillon 64
Avertissement ;Frapinent de l'historien Miriana, His-
toria (le Espaùa, 1. 1V=, c. l.) 65
Le Cid 67
Eiamen du Cid 89
HORACE
TRAGEDIE EN riNQ ACTES. '1(>50.)
Préface de Voltaire ... 92
.\ monseigneur le cirdm.il duc de liicheliou. , 02
Excei-pta e Tito Livio. . .' 93
Horace 95
Examen d'Horace 114
ClNiNA
OtJ L.\ CLÉ>IE>CE d'.ÏCCDSTE, TRAGÉDIE EN CINQ ACTES. (1659.)
Avertisse;iient de Voltaire. 110
A moiisitur de Monloron. lit»
Seneca. I.ili. I. rfcC/em^nWa, cap. IX 117
Cinna US
Examen de Cinii:i 157
POLYELCTE^ MAItTVIi,
TRAGÉDIE riIRÉTIENNE ^ CINQ ACTE.S. |l6tO.)
Préface de Voltaire . .
 la reine ré;:eiilc. . ...
Abrégé du martyre de saiul l'ulycucte, écrit par Si-
méon Métaplii-isle el rapporté pir Suiius
Polyeuctc ^^
Examen de l'olyeucte . •:
POMPÉE
TBAGÊDIS EX CINQ ACTES, (tûil.)
' A monseigneur l'éminentissiine cardinal Mizariii . .
Au lecteur. . . '
' Epilaphiuni Pompeii niagni
; Icon Pompeii magni
Icon C. J. Caesari-!
Pompée. .
Examen de Poiii|" l-
i:vS