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Madame; mon amour n'einploû'ra point pruir iimi Ni la loi du combat ni le vouloir du roi. Si tout ce qui s'est fait est trop peu pour un père. Dites par quels moyens il faut vous satisfaire. Faul-il combattre encor mille et mille rivaux, Aux deux bouts de la ler're étendre mes travaux, Forcer moi seul un camp, mettre en fuite une armée. Des héros fabuleux passer la renommée?
Si mon crime par là se peut enfin laver. J'ose tout entreprendre, et puis tout achever : Mais, si ce fier honneur, toujours inexorable. Ne se peut apaiser sans la mort du coupable, N'armez plus contre moi le pouvoir des humains; Ma tête est à vos pieds, vengez-vous par vos mains: Vos mainsseulesont droit de vaincre un invincible; Prenez une vengeance à tout autre impossible; Mais du moins que ma mort suffise à me punir. Ne me bannissez point de votre souvenir; Et, puisque mon trépas conserve votre gloire, Pour vous en revancher conservez ma mémoire, Et dites quelquefois, en déplorant mon sort :, «■S'il ne m'avait aimée, il ne serait pas mort. »
CIMMÈNE.
Relève-toi, Rodrigue. Il faut l'avouer, sire, Je vous en ai trop dit pour m'en pouvoir dédire. Rodrigue a des vertus que je ne puis haïr; Et quand un roi commande on lui doit obéir. Mais, à quoi que déjà vous m'ayez condamnée, Pourrez-vous à vos yeux souffrir cet byménée? Et, quand de mon devoir vous voulez cet effort, Toute voire justice en est-elle d'accord? Si Rodrigue à l'État devient si nécessaire, De ce qu'il fait pour vous ilois-je être le salaire, Et me livrer nioi-mème au reproche éternel D'avoir trempé mes mains dans le sang paternfel'?
' 11 semble que ces derniers vers que dit Cliimène la justifient entièrenii'nl. Ille n'épouse point le Cid;elle fait même des remontrances au roi. J'avoue que je ne convois pas connncnl on a pu l'ac-
[I. rrriNAND.
Le temiJS assez souventa rendu léfjiliine Ce qui semblait d'abord ne se pouvoir sans crime. Rodrigue l'a gagnée, et tu dois être à lui. Mais, quoique sa valeur t'ait conquise aujouririini. Il faudrait que je fus.ïe ennemi de ta gloire Pour lui donner sitôt le prix de sa victoire. Cet hynjen différé ne rompt point une loi (Jui, sans marquer de temps, lui destine ta foi. Prends un an, si tu veux, pour essuyer tes larmes. Rodrigue, cependant, il faut prendre les armes. Après avoir vaincu les Maures sur nos bords. Renversé leurs desseins, repoussé leurs efforts, Va jusqu'en leur pays leur reporter la guerre, Commander mon armée, et ravager leur terre. A ce seul nom de Cid ils trembleront d'effroi ; Ils t'ont nommé seigneur, et te voudront pour roi. Mais parmi tes hauts faits sois-lui toujours lidèle : Reviens-en, s'il se peut, encor plus digne d'elb'; Et par tes grands exploits fais-toi si bien priser, Qu'il lui soit glorieux alors de t'épouser.