‹ Œuvres de PasteurChapitre 127 sur 138 · Voir ce Mémoire p. 14-17 du présent volume · texte numérisé non relu

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2. Voir p. 136-138 du présent volume : Animaleules infusoires vivant sans gaz oxygène

libre et déterminant des fermentations. (Notes de l'Édition.)

dix-huit ans de travaux ininterrompus, et de faire remarquer que mes contradicteurs actuels, MM. Trécul (1) et Berthelot, en sont, le premier à rechercher des preuves que j'ai pu me contredire, ce à quoi il ne parvient qu'en altérant des textes et en changeant l’acception vulgaire des mots, le second, M. Berthelot, à discuter sur une pointe d’aiguille les déductions les plus légitimes. Quel bon point, ajouterai-je en conséquence, donné par mes savants contradicteurs à la rigueur de mes études, et quels services ils rendent à celles-ci en prétendant les affaiblir!

Quoi qu'il en soit, le jugement de M. Berthelot existe : Je confonds perpétuellement et presque inconsciemment ce qui est prouvé et ce qui ne l’est pas. Je l'avoue avec empressement : à l'exemple de mes maîtres et de tous ceux qui ont le souci de la dignité du travail scientifique, à l'exemple, par conséquent, de mon éminent ami M. Berthelot, je ne crois pas avoir jamais produit une recherche quelconque sans la faire suivre de déductions ou d’inductions. M. Berthelot dit dans sa dernière Note : « La conjecture et l'hypothèse sont légitimes dans la Science... » Je suis complètement de cet avis, mais je préférerais qu'il eût dit l'induction au lieu de l’hypothèse. La signification de ces deux expressions n'est pas du tout la même. L'hypothèse est toujours plus ou moins loin des faits, l'induction les touche et leur est enchaînée. Or, que M. Berthelot me permette de le lui dire avec courtoisie, c’est ici que s'établit nettement, dans le débat actuel, la grande différence de nos méthodes respectives et de notre logique. J'ai la prétention de faire des inductions, tandis que mon confrère fait des hypothèses. Précisons ce double caractère.

En 1861 @), je découvre que :

1° Le ferment de la fermentation butyrique est un vibrion ;

2° Ce vibrion peut vivre dans un milieu purement minéral qui tient en dissolution du sucre ou du lactate de chaux;

3 Ce vibrion vit, se nourrit, se multiplie, s’engendre en dehors de toute participation du gaz oxygène libre ;

4° Le contact de Pair le tue. En faisant passer un courant de gaz acide carbonique dans la liqueur où il va, vient, se divise par scission... il continue de vivre, de se mouvoir, de s'engendrer. Au contraire, un courant d’air le fait tomber sans vie au fond des vases et arrête la fermentation qu'il déterminait auparavant.

1. Voir p. 478-481 du présent volume : Discussion avec M. Trécul sur les aérobies et les anaérobies.

2. Voir p. 136-138 du présent volume : Animalcules infusoires vivant sans gaz oxygène libre et déterminant des fermentations. (Notes de l'Édition.)

Ce sont là des résultats d’une grande valeur à mon sens, qui ont inauguré une physiologie nouvelle et je suis surpris que, après dixhuit années de développements et d'exemples nouveaux d'êtres anaérobies, Claude Bernard paraisse en avoir méconnu la vérité, et que notre confrère M. Berthelot nous assure, à la fin de sa Note, qu'il est bien près d'en faire autant.

En présence des beaux phénomènes que je rappelle, pouvais-je ne pas y voir une lumière inattendue sur le mystérieux phénomène de la fermentation? Pouvais-je ne pas tirer de ces faits une induction? Je dis

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