‹ Œuvres de PasteurChapitre 44 sur 138 · SCHRŒDER, p. 44 et · texte numérisé non relu

SCHRŒDER, p. 44 et

?. Poucaer [Note sur des proto-organismes végétaux et animaux, nés spontanément dans de l'air artificiel et dans le gaz oxygène]. Comptes rendus de l'Académie des sciences, XLNII,

1858, p. 979-982. — Poucaer et Houzeau [Expériences sur les générations dites spontanées. Deuxième partie : Développement de certains proto-organismes dans de l'air artificiel]. 1bi@., p. 982-984.

Muxe Eowarps [Remarques sur la valeur des faits qui sont considérés par quelques natu-

pondant de l’Académie des sciences, vint annoncer à l’Académie des résultats sur lesquels il croyait pouvoir asseoir d’une manière définitive les principes de l’hétérogénie, personne ne sut indiquer la véritable cause d’erreur de ses expériences, et bientôt l’Académie, comprenant tout ce qui restait encore à faire, proposa pour sujet de prix la question suivante :

Essayer, par des expériences bien faites, de jeter un jour nouveau sur la question des générations spontanées (1).

La question paraissait alors si obscure que M. Biot, dont la bienveillance n’a jamais fait défaut à mes études, me voyait avec peine engagé dans ces recherches, et réclamait, de ma déférence à ses conseils, l'acceptation d’une limite de temps, au delà de laquelle j’abandonnerais ce sujet, si je n'étais pas maître des difficultés qui m’arrétaient. M. Dumas, dont la bienveillance a souvent conspiré en ce qui me touche avec celle de M. Biot, me disait à la même époque : « Je ne conseillerais à personne de rester trop longtemps dans ce sujet. »

Quel besoin avais-je de m'y attacher?

Les chimistes ont découvert depuis vingt ans un ensemble de phénomènes vraiment extraordinaires, désignés sous le nom générique de fermentations. Tous exigent le concours de deux matières : l’une dite /ermentescible, telle que le sucre; l’autre azotée, qui est toujours une substance albuminoïde. Or voici la théorie qui était universellement admise : les matières albuminoïdes éprouvent, lorsqu'elles ont été exposées au contact de l'air, une altération, une oxydation particulière, de nature inconnue, qui leur donne le caractère ferment, c’est-à-dire la propriété d’agir ensuite; par leur contact, sur les substances fermentescibles.

Il y avait bien un ferment, le plus ancien, le plus remarquable de tous, que l’on savait être organisé : la levûre de bière. Mais, comme dans toutes les fermentations de découverte plus moderne que la connaissance du fait de l’organisation de la levûre de bière (1836) on n'avait pu reconnaitre l'existence d'êtres organisés, même en les y ralistes comme étant propres à prouver l'existence de la génération spontanée des animaux}. Tbid., XLVIII, 1859, p. 23-29; suivies d'observations par M. PAyEN, p. 80; par M. DE QUATRE- FAGES, p. 30-33; par M. Craupe BEerxARD, p. 33-84; et par M. Dumas, p. 35-36.

Poucxer. Zbid., XLVILI, 1859, p. 148, 220, 546; L, 1860, p. 582, 572, 748, 1121.

1. La Commission était composée de MM. Geoffroy-Saint-Hilaire, Brongniart, Milne Edwards, Serres, Flourens rapporteur.

« La Commission demande des expériences précises, rigoureuses, également étudiées dans toutes leurs circonstances, et telles, en un mot, qu'il puisse en être déduit quelque résultat dégagé de toute confusion née des expériences mêmes. » [1bid., séance du 30 janvier 1860, L, p: 248.]

Tel était le programme de la Commission. On ne pouvait mieux indiquer les difficultés du sujet.

recherchant avec soin, les physiologistes avaient abandonné peu à peu, plusieurs bien à regret, l'hypothèse de M. Cagniard de Latour d’une relation probable entre l’organisation de ce ferment et sa propriété d’être ferment, et l’on appliquait à la levûre de bière la théorie générale en disant : « Ce n’est pas parce qu'elle est organisée, que la levüre de bière est active, c’est parce qu'elle a été au contact de l'air. C’est la portion morte de la levüre, celle qui a vécu et qui est en voie d’altération qui agit sur le sucre. »

Mes études me conduisaient à des conclusions entièrement différentes. Je trouvais que toutes les fermentations proprement dites, visqueuse, lactique, butyrique, la fermentation de l’acide tartrique, de l'acide malique, de lurée..…., étaient toujours corrélatives de la présence et de la multiplication d'êtres organisés. Et, loin que l’organisation de la levüre de bière fût une chose génante pour la théorie de la fermentation, c'était par là, au contraire, qu'elle rentrait dans la loi commune, et qu’elle était le type de tous les ferments proprement dits. Selon moi, les matières albuminoïdes n'étaient jamais des ferments, mais l'aliment des ferments. Les vrais ferments étaient des êtres organisés.

Cela posé, Les ferments prennent naissance, on le savait, par le fait du contact des matières albuminoïdes et du gaz oxygène. Dès lors, de deux choses l’une, me disais-je : les ferments des fermentations proprement dites étant organisés, si l’oxygène seul, en tant qu'oxygène, leur donne naissance, par son contact avec les matières azotées, ces ferments sont des générations spontanées ; si ces ferments ne sont pas des êtres spontanés, ce n’est pas en lant qu'oxygène seul que ce gaz intervient dans leur formation, mais comme excitant d'un germe apporté en même temps que lui, ou existant dans les matières azotées ou fermentescibles. Au point où je me trouvais de mes études sur les fermentations, je devais donc me former une opinion sur la question des générations spontanées. J'y rencontrerais peut-être une arme puissante en faveur de mes idées sur les fermentations proprement dites.

Les recherches dont j'ai maintenant à rendre compte n’ont été par conséquent qu'une digression obligée de mes études sur les fermentations.

C’est ainsi que je fus conduit à m'occuper d’un sujet qui jusque-là

n'avait exercé que la sagacilé des naturalistes.

—…. cm cmmmte estate donnes 2"

re

éétont L

Page 1