HISTORIQUE
Dans l’antiquité et jusqu’à la fin du moyen âge tout le monde croyait à l'existence des générations spontanées. Aristote dit que tout corps sec qui devient humide et tout corps humide qui se sèche engendrent des animaux.
1. Annales des sciences naturelles (partie zoologique), 4e sér., XVI, 1851, p. 5-98 (avec 33 fig. sur PI. I), et Annales de chimie et de physique, 3° sér., LXIV, janvier 1862, p. 5-110 {avec 33 fig. sur PI. I et Il). — Paris, 1862, Imprimerie de Mallet-Bachelier, 110 p., in-8° (33 fig. sur PL I et IT).
Les principaux résultats de ce Mémoire ont été présentés à l'Académie des sciences, dans ses séances des 6 février, 7 mai, 3 septembre, 5 novembre 1860. J'ai fait connaître ceux du chapitre II à la Société chimique de Paris le 19 mai 1861”. (Note de Pasteur.)
Le 3 juin 1861 Pasteur déposa à l'Académie des sciences cette Note : « J'ai l'honneur de présenter à l'Académie le résumé détaillé des diverses méthodes d'expérimentation et des résultats d'expériences que je n'avais fait connaître que sommairement dans plusieurs communications successives, au sujet de l’importante question des générations dites spontanées. Ce Mémoire devant paraitre très prochainement 2x2 extenso dans les Annales des sciences naturelles, je me bornerai à reproduire ici les titres des neuf chapitres qui le composent. » Suivent les titres de ces chapitres.
Ce mémoire a fait l'objet d'un rapport, par Claude Bernard, sur le concours pour le prix Alhumbert, année 1862. On le trouvera à la fin de ce volume : Document V.
Il a été traduit en allemand sous le titre: Die in der Atmosphäre vorhandenen organisierten Kôrperchen. Prüfung der Lehre von der Urzeugung. Abhandlung von L. Pasteur, übersetzt von Dr A. Wieler. Leipzig, 1892, Engelmann, 98 p. 2 Taf., in-16 (Ostwald’'s Klas-. siker der exakten Wissenschaften, n° 39). [Notes de l'Édition.]
2. Le lecteur pourra remarquer que l'une de mes préoccupations dans ce chapitre historique a été de rendre à chaque expérimentateur la part de progrès qui lui est due. Mais j'ai mis le même soin à ne pas confondre un progrès véritable, soit avec les nombreuses dissertations auxquelles le sujet a donné lieu, soit avec ces expériences d'une exactitude équivoque qui embarrassent au lieu d'aplanir la marche de la science. Dans ces sortes de questions ressassées par tant d’esprits depuis des siècles, toutes les vues a priori, tous les arguments que peuvent fournir l'analogie ou les faits indirects, toutes les hypothèses se sont fait jour. Ce qui importe, c’est de prouver rigoureusement, c’est d’instituer des expériences dégagées de toute confusion née des expériences mêmes.
+ Voir la Leçon professée à la Société chimique de Paris, le 19 mai 1861, p. 295-316 du présent volume. Cette Leçon, bien qu’antérieure de quelques mois au Mémoire, a été placée à sa suite parce qu’elle en est le résumé. (Note de l'Edition.)
Van Helmont décrit le moyen de faire naître des souris.
Beaucoup d’auteurs indiquaient encore au xvu* siècle la manière de faire produire des grenouilles au limon des marais, ou des anguilles à l’eau de nos rivières (!).
De pareilles erreurs ne pouvaient supporter longtemps lesprit d’examen qui s’empara de l’Europe au xvif et au xvui siècle.
Redi, membre célèbre de l’Académie del Cimento, fit voir que les vers de la chair en putréfaction étaient des larves d’œufs de mouches. Ses preuves étaient aussi simples que décisives, car il montra qu'il suffisait d’entourer d’une gaze fine la chair en putréfaction pour empécher d’une manière absolue la naissance de ces larves.
Le premier également, Redi reconnut, dans les animaux qui vivent dans d’autres animaux, des mâles, des femelles, des œufs (?).
On surprit dans leur opération, disait plus tard Réaumur, ces mouches qui déposent leurs œufs dans les fruits, et l’on sut, lorsqu'on voyait un ver dans une pomme, que ce n’était pas la corruption qui l'avait engendré, mais au contraire que le ver est la cause de la corruption du fruit (%).
Mais bientôt, dans la seconde partie du xvn* siècle et la première moitié du xvin‘, se multiplièrent à lenvi les observations microscopiques. La doctrine des générations spontanées reparut alors. Les uns ne pouvant s'expliquer l’origine de ces êtres si variés que le microscope faisait apercevoir dans les infusions des matières végétales ou animales, et ne voyant chez eux rien qui ressemblât à une génération sexuelle, furent portés à admettre que la matière qui avait eu vie conservait après la mort une vitalité propre, sous l’influence de laquelle ses parties disjointes se réunissaient de nouveau, dans certaines conditions favorables, avec des variétés de structure et d'organisation que ces conditions mêmes déterminaient.
D’autres, au contraire, ajoutant par l'imagination aux résultats merveilleux que le microscope leur faisait découvrir, croyaient voir des accouplements dans ces infusoires, des mâles, des femelles, des œufs, et se posaient en adversaires déclarés de la génération spontanée.
Il faut le reconnaître, les preuves à l’appui de l’une ou de l'autre de ces opinions ne soutenaient guère l'examen.
La question en était là lorsque parut à Londres, en 1745, un ouvrage
1. Voir : Epistola 75 (1692) èn : LEEUWENHOEK. Arcana naturæ detecta. Lugdunt Batavorum, 1722, in-8° (fig.).
2. Rept (Er.). Experimenta circa res diversas naturae. Amsterdam, 167, in-12. Notes de l'Édition.) :
3. Frourexs. Buffon. Histoire de ses travaux et de ses idées. Paris, 184%, in-8°, p. 78
de Needham 1, observateur habile et prêtre catholique d’une foi vive, circonstance qui, dans un tel sujet, s’offrait comme un garant de la sincérité de ses convictions.
La doctrine des générations spontanées était appuyée, dans cet ouvrage, sur des faits d’un ordre tout nouveau, je veux parler des expériences sur les vaisseaux hermétiquement clos, préalablement exposés à l’action de la température. C’est Needham, en effet, qui eut le premier l'idée de pareils essais.
Deux années ne s'étaient pas écoulées depuis la publication des recherches de Needham, que la Société Royale de Londres l’admettait au nombre de ses membres. Plus tard, il devint l’un des huit associés de l’Académie des sciences.
Mais ce fut surtout par l'appui qu'il reçut du système de Buffon sur la génération, que l'ouvrage de Needham eut un grand retentissement.
Les trois premiers volumes de Buffon de l'édition in-4° publiée de son vivant parurent en 1749. C’est dans le second volume de cette édition, quatre années après le livre de Needham, que Buffon expose son système des molécules organiques, et qu'il défend hypothèse des générations spontanées. Il est présumable que les résultats de Needham eurent une grande influence sur les vues de Buffon, car c’est à l’époque même où lillustre naturaliste rédigeait les premiers volumes de son ouvrage, que Needham fit un voyage à Paris, durant lequel il fut le commensal de Buffon et pour ainsi dire son collaborateur.
Les idées de Needham et de Buffon eurent leurs partisans et leurs détracteurs. Elles se trouvaient en opposition avec un autre système fameux, celui de Bonnet, sur la préexistence des germes. La lutte était d'autant plus vive qu’elle pouvait paraître plus légitime aux deux partis. Nous savons aujourd'hui que la vérité n’était ni d’un côté ni de l’autre. Et puis, c'était encore le temps où l’on dissertait volontiers à perdre haleine sur des systèmes, sur des vues spéculatives.
Il y avait en quelque sorte deux hommes d’un esprit opposé dans Buffon, l’un qui aujourd’hui avouera sans détours qu'il cherche une hypothèse pour ériger un système, et [l'autre] qui le lendemain écrira la belle préface de sa traduction de la Statique des végétaux de Hales (2), où la nécessité de l'expérience est placée à la hauteur qui convient.
1. NeepHau (J-T.). An account of some new microscopical discoveries. London, 1745, in-8. — Nouvelles observations microscopiques avec des découvertes intéressantes sur la composition et la décomposition des corps organisés (traduites par L. A. Lavirotte). Paris, 180, 924 p., in-12.
2. Hazes. La statique des végétaux et l'analyse de l'air. Ouvrage traduit de l'anglais par M. de Buffon. Paris, 1785, in-4° (fig.). [Notes de l'Édition.]
Ces deux côtés du génie de Buffon se retrouvent à des degrés divers dans tous les savants de son époque.
Mais les conclusions de Needham ne lardèrent pas à être soumises à une vérification expérimentale. Il y avait alors en Italie l’un des plus habiles physiologistes dont la science puisse s’honorer, le plus ingénieux, le plus difficile à satisfaire, l'abbé Spallanzani.
Needham, ainsi que je le rappelais tout à l’heure, avait appuyé la doctrine des générations spontanées sur des expériences directes fort bien imaginées. L'expérience seule pouvait condamner ou absoudre ses opinions. C'est ce que Spallanzani comprit très bien. © Dans plusieurs villes d'Italie, dit-il, on a vu des partis formés contre l'opinion de M. de Needham ; mais je ne crois pas que personne ait jamais songé à l’examiner par la voie de l'expérience. »
Spallanzani publia à Modène, en 1765, une dissertation dans laquelle il réfutait les systèmes de Needham et de Buffon. Cet ouvrage fut traduit en français, probablement à la demande de Needham, car l'édition qui en fut donnée en 1769 est accompagnée de notes rédigées par lui, où il répond à toutes les objections de Spallanzani (1).
Ce dernier, frappé sans doute de la justesse des critiques de Needham, se remit à l’œuvre de nouveau, et fit bientôt paraître ce bel ensemble de travaux dont il nous a transmis les détails dans ses Opuscules physiques (?).
Il serait sans utilité de présenter un historique complet de la querelle des deux savants naturalistes. Mais il importe de bien préciser la difficulté expérimentale à laquelle ils appliquerent plus particulièrement leurs efforts, et de rechercher si ce long débat avait éloigné tous les doutes. C’est ce que lon croit généralement. Spallanzani est volontiers regardé comme l'adversaire victorieux de Needham. Si ce jugement était fondé, n’y aurait-il pas lieu de s'étonner qu'il y eût encore de nos jours de si nombreux partisans de la doctrine des générations spontanées? Dans les sciences, l'erreur n'est-elle pas plus prompte à s’effacer, même dans des questions de cet ordre, lorsqu'elle a été bien réellement démasquée par l’expérience ? N'’est-il pas à craindre, si on la voit renaître de bonne foi, que sa défaite n'ait été qu'apparente? Un examen impartial des observations contradictoires de Spallanzani et de Needham sur le point le plus délicat du sujet va
1. Nouvelles recherches sur les découvertes microscopiques et la génération des corps organisés, ouvrage traduit de l'italien de M. l’abbé SpazLanzanr, avec des notes par M. de NeepxaM. Londres et Paris, 1769, in-12. (Note de l'Édition.)
2. SPALLANZANI. Opuscules de physique, animale et végétale, traduits de l'italien par Jean SENEBIER. Genève, 1117, 2 vol., in-12 (fig.).
nous montrer, en effet, contrairement à l'opinion généralement admise, que Needham ne pouvait en toute justice abandonner sa doctrine en présence des travaux de Spallanzani.
J'ai dit que Needham était l’auteur des expériences relatives à ce que l’on observe dans les vases clos, exposés préalablement à l’action du feu.
« M. de Needham, dit Spallanzani, nous assure que les expériences ainsi disposées ont toujours réussi fort heureusement entre ses mains, c’est-à-dire que les infusions ont montré des infusoires, et que c’est là ce qui a mis le sceau à son système.
« Si, après avoir purgé, ajoute Spallanzani, par le moyen du feu, et les substances que l’on met dans les vases et l'air contenu dans ces mêmes vases, on porte encore la précaution jusqu’à leur ôter toute communication avec l'air ambiant, et que, malgré cela, à l'ouverture des fioles, on y trouve encore des animaux vivants, cela deviendra une forte preuve contre le système des ovaires; j'ignore même ce que ses partisans pourront y répondre. »
Je souligne ces derniers mots afin de montrer que Spallanzani plaçait dans le résultat des expériences ainsi conduites le criterium de la vérité ou de l'erreur. Or nous allons voir par la citation suivante, extraite des notes de Needham, que tel était également l'avis de ce dernier. Voici en effet un passage des remarques de Needham sur le chapitre X de la première dissertation de Spallanzani :
« Il ne me reste plus, dit Needham, qu’à parler de la dernière expérience de Spallanzani, qu’il regarde lui-même comme la seule de toute sa dissertation qui paraît avoir quelque force contre mes principes.
« Il a scellé hermétiquement dix-neuf vases remplis de différentes substances végétales, et il les a fait bouillir, ainsi fermés, pendant l’espace d’une heure. Mais de la façon qu'il a traité et mis à la torture ses dix-neuf infusions végétales, il est visible que non seulement il a beaucoup affaibli, ou peut-être totalement anéanti la force végétative des substances infusées, mais aussi qu'il a entièrement corrompu, par les exhalaisons et par l’ardeur du feu, la petite portion d’air qui restait dans la partie vide de ses fioles. Il n’est pas étonnant par conséquent que ses infusions ainsi traitées n'aient donné aucun signe de vie. Ilen devait être ainsi.
« Voici donc ma dernière proposition et le résultat de tout mon travail en peu de mots: Qu'il se serve, en renouvelant ses expériences, de substances suffisamment cuites pour détruire tous les prétendus germes qu’on croit attachés ou aux substances mêmes ou aux parois
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intérieures, ou flottant dans l’air du vase; qu’il scelle ses vases hermétiquement, en y laissant une certaine portion d’air sans le bouleverser ; qu'il les plonge ensuite dans l’eau bouillante pendant quelques minutes, le temps seulement qu'il faut pour durcir un œuf de poule et pour faire périr les germes ; en un mot, qu'il prenne toutes les précautions qu'il voudra, pourvu qu'il ne cherche qu'à détruire les prétendus germes étrangers qui viennent du dehors, et je réponds qu'il trouvera toujours de ces êtres vitaux microscopiques en nombre suffisant pour prouver mes principes. S'il ne trouve à l'ouverture de ses vases, après les avoir laissés reposer le temps nécessaire à la génération de ces corps, rien de vital ni aucun signe de vie, en se conformant à ces conditions, j’abandonne mon système et je renonce à mes idées. C’est, je crois, tout ce qu'un adversaire judicieux peut exiger de moi (1). »
Voilà certes la discussion bien nettement limitée entre Needham et Spallanzani. C’est dans le chapitre IT du tome I‘ de ses Opuscules que Spallanzani aborde la difficulté décisive. Et quelle est sa conclusion ? Pour supprimer toute production d’infusoires, il est nécessaire de maintenir trois quarts d'heure les infusions à la chaleur de Peau bouillante (*). Or cette durée obligée d’une température de 100° pendant trois quarts d'heure ne justifiait-elle pas les craintes de Needham sur une altération possible de l’air des vases ? Il aurait fallu tout au moins que Spallanzani joignit à ses expériences une analyse de cet air. Mais la science n’était pas encore assez avancée ; l’eudiométrie n'était pas encore créée, La composition de l'air atmosphérique était à peine connue (3).
Les résultats des expériences de Spallanzani sur le point le plus délicat de la question conservaient donc aux objections de Needham toute leur valeur. Bien plus, celles-ci se trouvèrent légitimées, au moins en apparence, par les progrès ultérieurs de la science.
1. Note de M. de Nerpnam #7 : Nouvelles recherches sur les découvertes microscopiques, etc., p. 216-218. (Note de l'Édition.)
2. « Je réussis, dit Spallanzani, à me procurer ensuite des vases qui résistèrent mieux à l'action du feu, et je parvins à leur faire éprouver une ébullition plus longue, en n'y meltant qu'une petite dose des infusions dont j'ai parlé; sans cette précaution, j'étais encore sûr de voir sauter tous mes vases. Mais, pour ne pas perdre un temps précieux dans de trop petits détails, je rapporterai seulement le résultat de mes observations. L'ébullition d’une demiheure ne fut pas un obstacle à la naissance des animaleules du dernier ordre qui peuplèrent toujours plus ou moins tous les vases exposés à son action pendant tout ce temps-là ; mais l'ébullition pendant trois quarts d'heure ou même pendant un temps un peu moindre eut la force de priver entièrement d’animaleules les six infusions. » (SPALLANZANI. Opuseules de physique, animale et végétale, t. I, p. 39-40.)
3. La première dissertation de Spallanzani est de 1763. Ses Opuscules parurent pour la première fois en 1776. La découverte de la composition de l'air par Lavoisier est de 1774.
Appert (1) appliqua à l'économie domestique les résultats des expériences de Spallanzani effectuées selon la méthode de Needham. Par exemple, l’une des expériences du savant Italien consiste à introduire des petits pois avec de l’eau dans un vase de verre que l’on ferme ensuite hermétiquement, après quoi on le maintient dans l’eau bouillante pendant trois quarts d'heure. C’est bien le procédé d’Appert. Or Gay-Lussac, voulant se rendre compte de ce procédé, le soumit à divers essais dont il consigna les résultats dans l’un de ses Mémoires
le plus fréquemment cités (2).
Les extraits suivants du travail de Gay-Lussac ne laissent aucun doute sur l’une des opinions de l’illustre physicien, opinion qui a passé dans la science entière et incontestée.
« On peut se convaincre, dit Gay-Lussac, en analysant l'air des bouteilles dans lesquelles les substances (bœuf, mouton, poisson, champignons, moût de raisin) ont été bien conservées, qu’il ne contient plus d'oxygène, et que l'absence de ce gaz est par conséquent une condition nécessaire pour la conservation des substances animales et végétales (3). »
Les craintes de Needham sur une altération de l'air des vases dans les expériences de Spallanzani se trouvaient justifiées par ce fait de l'absence de l’oxygène dans les conserves d’Appert.
Mais une expérience du D° Schwann vint apporter dans la question
1. Appert. L'art de conserver pendant plusieurs années toutes les substances animales et végétales. Paris, 1810, in-8° (fig.).
2. Gay-Lusssac. Extrait d'un mémoire sur la fermentation. Annales de chimie, LXXNI, 1810, p. 245-259. (Notes de l'Édition.)
3. Gay-Lussac ajoute plus loin : « Lorsqu'on laisse l'urine en contact avec une petite quantité d'air, elle en absorbe l'oxygène assez promptement, et sa décomposition s'arrête ensuite; mais si on lui en donne une quantité suffisante, il se forme beaucoup de carbonate d'ammoniaque, et il se dépose presque toujours, avec le phosphate de chaux, du phosphate ammoniaco-magnésien. » [p. 253.]
C'est encore dans ce Mémoire de Gay-Lussac que l'on trouve l'expérience suivante, si souvent rappelée.
« J'ai pris du lait de vache et je l'ai exposé tous les jours ensuite à la température de l’ébullition de l'eau saturée de sel. Deux mois après, il était parfaitement conservé. » |p. 252.]
Ce travail de Gay-Lussac a exercé sur les esprits, dans la question qui nous occupe, une influence considérable.
Gay-Lussac trouve que l'air des conserves d'Appert est privé d'oxygène. Cela peut être après une longue durée de conservation des matières, ou lorsque la quantité des substances organiques est très grande par rapport au volume de l'air. Mes propres expériences serviront même à expliquer ce résultat. Mais certainement il n'est pas général, et dans tous les cas l'interprétation que Gay-Lussac donna à ce fait est erronée. L'absence d'oxygène, dit-il, est une condition nécessaire pour la conservation des substances animales et végétales. Gette opinion, qui eut une influence particulière sur les théories de la fermentation et des générations spontanées, n'était pas une conséquence obligée, comme le pensait Gay-Lussac, de ses observations sur la composition de l'air des conserves d'Appert.
un progrès très notable. Dans le mois de février 1837, M. Schwann (1 publia les faits suivants : Une infusion de chair musculaire est mise dans un ballon de verre; on ferme ensuite le ballon à la lampe, puis on l’'expose tout entier à la température de l’eau bouillante, et, après son refroidissement, on l’abandonne à lui-même. Le liquide ne se putréfie pas. Jusque-là rien de bien nouveau. C’est l’une des expériences de Spallanzani, ou mieux une conserve d’Appert. Mais il était désirable, ajoute M. Schwann, de modifier l'essai de telle manière qu'un renouvellement de l'air devint possible, avec cette condition toutefois que le nouvel air fût préalablément chauffé comme l’est celui du ballon à l’origine. Alors M. Schwann répète l'expérience précédente en adaptant au col du ballon un bouchon percé de deux trous traversés par des tubes de verre coudés et recourbés, de manière que leurs courbures soient plongées dans des bains d’alliage fusible entretenus à une température voisine de celle de lébullition du mercure. A l’aide d’un aspirateur on renouvelle Pair, qui arrive froid dans le ballon, mais après avoir été chauffé en passant dans la portion des tubes entourés d’alliage fusible. On commence l’expérience en faisant bouillir le liquide. Le résultat est le même que dans les expériences de Spallanzani et d’Appert. Il n'y a pas d’altération du liquide organique.
L'air chauffé, puis refroidi, laisse donc intact du jus de viande qui a été porté à l’ébullition. C'était là un grand progrès, parce que cela donnait gain de cause à Spallanzani contre Needham. Cela répondait à toutes les craintes de ce dernier sur laltération possible de Pair dans les expériences de Spallanzani; cela détruisait enfin l’assertion de Gay-Lussac sur le rôle de l'oxygène dans les procédés de conserves d’Appert et dans la fermentation alcoolique.
- Cependant sur ce dernier point il y avait des doutes à garder; en effet, dans ce même travail du D' Schwann, outre l’expérience sur le bouillon de viande, laquelle touchait à la cause de la putréfaction, il y en à une autre relative à la fermentation alcoolique, et qu'il faut rappeler. L'auteur remplit quatre flacons d’une solution de sucre de canne mélée à de la levüre de bière; puis, après les avoir bien bouchés, il les place dans l’eau bouillante, et les renverse ensuite sur la cuve à mercure. Après leur refroidissement, il y fait arriver de l'air, de l'air ordinaire dans deux d’entre eux, de l'air calciné dans les deux autres. Au bout d’un mois, il y eut fermen-
1. Scawaxx (Th). Vorläufige Mitteilung betreffend Versuche über Weingährung und Fäulniss. Annalen der Physik u. Chemie, XLI, 1837, p. 184-193. (Note de Édition.)
tation dans les flacons qui avaient reçu l'air ordinaire; elle ne s'était pas encore manifestée dans les deux autres après deux mois d'attente. Mais en répétant ces expériences, je trouvai, dit-il, qu’elles ne réussissent pas toujours aussi bien, et que quelquefois la fermentation ne se déclare dans aucun des flacons, par exemple lorsqu'on les a maintenus trop longtemps dans l’eau bouillante, et quelquefois d'autre part le liquide fermente dans les flacons qui ont reçu de Pair calciné.
En résumé, l'expérience du D° Schwann relative à la putréfaction du bouillon est très nette. Mais en ce qui concerne la fermentation alcoolique, la seule fermentation qui fût assez bien connue en 1837, à l’époque du travail de M. Schwann, les expériences du savant physiologiste étaient contradictoires, et cependant on venait d'apprendre, par les observations de M. Cagniard de Latour et par celles de M. Schwann lui-même, que la fermentation vineuse était déterminée par un ferment organisé.
Combien plus ces obscurités de la question, en ce qui touche la fermentation alcoolique, ne furent-elles pas accrues, lorsque, postérieurement, les chimistes étudièrent un grand nombre de fermentations où l’on n'avait pu découvrir aucun ferment organisé, et dont la cause était universellement attribuée à des actions de contact, à des phénomènes d'entraînement ou de mouvement communiqué produits par des matières azotées mortes en voie d’altération.
Quoi qu'il en soit, voici quelle fut la conclusion que le D° Schwann déduisit des expériences que je viens de rapporter : « Pour la fermentation alcoolique, dit-il, comme pour la putréfaction, ce n’est pas l’oxygène, du moins l’oxygène seul de l'air atmosphérique, qui les occasionne, mais un principe renfermé dans lair ordinaire, et que la chaleur peut détruire. »
La réserve de cette conclusion mérite d’être remarquée. On voit bien, par certains passages de son travail, que le docteur Schwann penchait à croire que, par la chaleur, il détruisait des germes; mais sa conclusion définitive ne pouvait aller et ne va pas jusque-là. Souvent, en rapportant ses expériences, les adversaires de la doctrine des générations spontanées ont affirmé que l'emploi de la chaleur n'avait d'autre but que de tuer des germes; mais ce n'était là qu’une hypothèse. Ainsi que le dit très bien le docteur Schwann, ces expériences prouvent seulement que ce n’est pas l'oxygène, ou du moins l'oxygène seul, qui est la cause de la putréfaction et de la fermentation vineuse, mais quelque chose d’inconnu que la chaleur détruit. Et encore pour la fermentation vineuse, il était mal établi qu'il fût indispensable de
recourir à une autre cause que celle qu'avait indiquée Gay-Lussae, savoir l'oxygène seul de l'air (!).
Les expériences du docteur Schwann ont été répétées et modifiées par plusieurs observateurs. MM. Ure et Helmholtz (?) ont confirmé ses résultats par des expériences analogues aux siennes. M. Schulze (), au lieu de calciner l’air avant de le mettre au contact des conserves d’Appert, le fit passer à travers des réactifs chimiques : potasse et acide sulfurique concentrés. MM. Schræder et von Dusch imaginèrent de filtrer l’air à travers du coton, au lieu de le modifier par une température élevée à la manière du docteur Schwann, ou par les réactifs chimiques énergiques, selon le procédé de M. Schulze (*).
Le premier mémoire de MM. Schrœder et von Dusch a paru en 1854, le second en 1859. Ce sont d’excellents travaux, qui ont, en outre, le mérite historique de montrer l’état de la question qui nous occupe à la date de 1859.
On savait depuis longtemps, et dès les premières discussions sur la génération spontanée, qu'une gaze fine, déja employée avec tant de succès par Redi dans ses recherches sur l’origine des larves de la
1. Voir la Note de mon Mémoire sur la fermentation alcoolique, relative aux expériences de Gay-Lussac et de M. Schwann. Annales de chimie et de physique, 3° sér., LVITII, 1860, p. 369 [p. 84-85 du présent volume].
2. Ure. Versuche über die Gährung. Journal fi praktische Chemie, XIX, 1840, p. 183- 187. — Hezmaozrz. Ueber das Wesen der Fäulniss und Gährung. Zbid., XXXI, 1844, p. 429-437. (Note de l'Édition.)
8. Scauze (Fr.). Vorläufige Mittheilung der Resultate einer experimentellen Beobachtung über Generatio æquivoca. Annalen der Physik u. Chemie, XXXIX, 1836, p. 487-489. (Note de l'Édition.)
4. Voici l'extrait publié dans les Annales des sciences naturelles [2 sér., VIII (partie zoologique), 1837, p. 320] sur les expériences de M. Schulze : « L'auteur remplit à moitié un flacon de cristal avec de l’eau distillée contenant diverses substances animales et végétales, puis boucha le vase à l'aide d’un bouchon traversé par deux tubes coudés, et soumit l'appareil ainsi disposé à la température de l'eau bouillante. Enfin, pendant que la vapeur s’échappait encore à travers les tubes dont nous venons de parler, il adapta à chacun d'eux un de ces petits appareils de Liebig, employés par les chimistes dans les analyses élémentaires des substances organiques, il remplit l'un d'acide sulfurique concentré, l'autre d’une solution concentrée de potasse. La température élevée avait dû nécessairement détruire tout ce qui était vivant, el tous les germes qui pouvaient se trouver dans l’intérieur du vase ou de ses ajustages, et la communication du dehors en dedans était interceptée par l'acide sulfurique d'un côté, la potasse de l'autre; néanmoins, en aspirant par l'extrémité de l'appareil où se trouvait la solution de potasse, il était facile de renouveler l'air ainsi enfermé, et les nouvelles quantités de ce fluide qui s'introduisaient ne pouvaient porter avec elles aucun germe vivant, car elles étaient forcées de passer dans un bain d'acide sulfurique concentré. M. Schulze plaça l'appareil ainsi disposé sur une fenêtre, bien éclairé, à côté d’un vase ouvert, dans lequel il avait mis en infusion les mêmes substances organiques, puis il eut soin de renouveler l'air de son appareil plusieurs fois par jour pendant plus de deux mois, et d'examiner au microscope ce qui se passait dans l'infusion. Le vase ouvert se trouva bientôt rempli de vibrions et de monades auxquels s’ajoutèrent bientôt des infusoires polygastriques d’un plus grand volume, et même des rotateurs ; mais l'observation la plus attentive ne put faire découvrir la moindre trace d'infusoires, de conserves ou de moisissures dans l’infusion de l’apparejl. »
viande en putréfaction, suffisait pour empêcher, ou tout au moins pour modifier singulièrement l’altération des infusions. Ce fait même était au nombre de ceux qu'invoquaient alors de préférence les adversaires de la doctrine de la spontéparité (1).
Guidés sans doute par ces faits, et surtout, comme ils le disent expressément, par les expériences ingénieuses de M. Læœwel (2) qui reconnut que l'air ordinaire était impropre à provoquer la cristallisation du sulfate de soude lorsqu'il avait été filtré sur du coton, MM. Schræder et von Dusch (3) ont procédé de la manière suivante :
Un ballon de verre reçoit la matière organique. Le bouchon du ballon est traversé par deux tubes recourbés à angle droit : l’un de ces tubes communique avec un aspirateur à eau, l’autre avec un large tube de 1 pouce de diamètre et de 20 pouces de longueur rempli de coton. Lorsque les communications étaient bien établies, le robinet de l'aspirateur fermé, et la matière organique placée dans le ballon, on chauffait celle-ci jusqu'a cuisson, en maintenant l’ébullition un temps suffisant, pour que tous les tubes de communication fussent échauffés fortement par la vapeur d’eau; alors on ouvrait le robinet de l'aspirateur que l’on entretenait jour et nuit.
Voici les résultats des premiers essais conduits de cette manière :
MM. Schræder et von Dusch ont opéré :
1° Sur la viande avec addition d’eau,
2° Sur le moût de biere,
3° Sur le lait,
4° Sur la viande sans addition d’eau.
Dans les deux premiers cas, l'air filtré à travers le coton a laissé les liqueurs intactes, même après plusieurs semaines. Mais le lait s’est
1. Extrait d'un passage de l'ouvrage de Baker, membre de la Société Royale de Londres, ouvrage intitulé : « Le Microscope à la portée de tout le monde », traduit de l'anglais sur l'édition de 1743. Paris, 1754, in-80.
« J'ai trouvé constamment que si l'infusion (de poivre, de foin) est couverte d’une mousseline où d'une autre loile fine, il ne s'y produit que très peu d'animaux, mais que si l’on ôte cette couverture, elle est dans peu de jours pleine de vie. Comme les œufs de ces petites créatures sont moins pesants que l'air, il peut se faire qu'il en flolte continuellement des millions dans l'air, et que, étant portés indifféremment de tous les côtés, il en périsse un grand nombre dans les endroits qui ne conviennent pas à leur nature... Il y a des gens qui s’imaginent que les œufs de ces petits animaux sont logés dans le poivre, dans le foin, ou dans toutes les autres matières que l'on met dans l’eau; mais si cela était, je ne saurais comprendre comment une si petite couverture d'une toile fine, qui n'empêche pas l'air de pénétrer, pourrait empêcher ces œufs d’éclore : on doit conclure que c'est là une illusion. » [p. 78.]
2. LœweL (H.). Observations sur la sursaturation des dissolutions salines (Sulfate de soude). Annales de chimie et de physique, XXIX, 1850, p. 62-127 ; XXXIII, 1851, p. 334-390: et XXXVII, 1855, p. 155-180.
3. Scurœper (H.) et vox Duscex (Th.). Ueber Filtration der Luft in Beziehung auf Fäulniss und Gährung. Annalen der Chemie u. Pharmacie, LXXXIX, 1854, p. 232-243, et Annales de chimie et de physique, 8° sèr., XLI, 1854, p. 189-191. (Notes de l'Édition.)
caillé et pourri aussi promptement que dans l’air ordinaire, et la viande sans eau est entrée promptement en putréfaction.
« IL semble donc résulter de ces expériences, disent MM. Schræder et von Dusch, qu’il y a des décompositions spontanées de substances organiques qui n'ont besoin pour commencer que de la présence du gaz oxygène ; par exemple, la putréfaction de la viande sans eau, la putréfaction de la caséine du lait et la transformation du sucre de lait en acide lactique (fermentation lactique). Mais à côté il y aurait d’autres phénomènes de putréfaction et de fermentation placés, à tort, dans la même catégorie que les précédents, tels que la putréfaction du jus de viande et la fermentation alcoolique, qui exigeraient pour commencer, outre l'oxygène, ces choses inconnues mêlées à l'air atmosphérique, qui sont détruites par la chaleur d’après les expériences de Schwann, et d’après les nôtres par la filtration de cet air à travers le coton... Comme il reste ici encore tant de questions à décider par la voie de l'expérience, nous nous abstiendrons de déduire aucune conclusion théorique de nos expériences (!). »
M. Schræder revint seul sur ce sujet, en 1859, dans un Mémoire ©) qui traite, en outre, de la cause de la cristallisation. Ce nouveau travail ne conduisit pas davantage son auteur à des conclusions dégagées de toute incertitude; il y fait connaître de nouveaux liquides organiques qui ne se putréfient pas lorsqu'on les met au contact de Pair filtré, tels que l'urine, la colle d’amidon et les divers matériaux du lait pris isolément; mais il ajoute le jaune d’œuf à la liste des corps qui, comme le lait et la viande sans eau, se putréfient dans l'air filtré sur le coton.
« Je ne hasarderai pas, dit M. Schrœder, d'essayer lexplication théorique de ces faits. On pourrait admettre que Pair frais renferme une substance active qui provoque les phénomènes de fermentation alcoolique et de putréfaction, substance que la chaleur détruirait, ou que le coton arrêterait. » Puis il ajoute : « Faut-il regarder cette substance active comme formée de germes organisés microscopiques disséminés dans l'air? Ou bien est-ce une substance chimique encore inconnue? Je l’ignore. »
Puis il arrive aux phénomènes de cristallisation par l'air libre, par l'air chauffé ou par l'air filtré sur le coton, qui présentent de telles analogies, selon lui, avec les phénomènes de putréfaction, qu'il ne peut s'empêcher de les attribuer à une cause cammune jusqu'ici entièrement inconnue.
1. ScHRŒDER (H.) et vox Duscn (Th.), p. 242-244. 2. ScmrœpEer (H.). Ueber Filtration der Luft in Beziehung auf Fäulniss, Gäbrung und Kristallisation. Annalen der Chemie u. Pharmacie, CIX, 1859, p. 35-52. (Notes de l'Edition.
« En ce qui concerne les cristallisations, dit-il encore. l’action inductive de l'air semble n'être pas complètement arrêtée par le coton, mais seulement affaiblie. Elle ne peut alors empêcher la cristallisation que de certaines dissolutions sursaturées; mais il en est d’autres qui ne peuvent lui résister (1). » Puis il remarque que les résultats qu’il a obtenus sur la putréfaction et la fermentation sont parallèles à ceux de la cristallisation, puisqu'il y a des corps qui résistent à l’air filtré, tandis que d’autres, tels que le lait, entrent en décomposition. L’air filtré sur le coton ne fait donc que perdre partiellement sa force inductive de putréfaction ou de fermentation.
J'ai, à dessein, résumé avec détails ces travaux très judicieux, parce qu'ils donnent l'expression exacte des difficultés qui, à la date de 1859, devaient assiéger tout esprit impartial, libre d'idées préconçues, et désireux de se former une opinion dûment motivée sur cette grave question des générations spontanées. On peut affirmer qu’à cette date tous ceux qui la croyaient résolue en connaissaient mal l’histoire.
Spallanzani n’avait pas triomphé des objections de Needham, et MM. Schwann, Schulze et Schræder n'avaient fait que démontrer l'existence dans l'air atmosphérique d’un principe inconnu qui était la condition de la vie dans les infusions. Ceux qui affirmaient que ce principe n'était autre chose que des germes, n’avaient pas plus de preuves à l'appui de leur opinion, que ceux qui pensaient que cela pouvait être un gaz, un fluide, des miasmes, etc., et qui, par conséquent, inclinaient à croire aux générations spontanées. Les conclusions de MM. Schwann et Schræder ne peuvent à cet égard laisser le moindre doute dans l'esprit du lecteur. Les termes mêmes de ces conclusions provoquaient au doute, et servaient la doctrine des générations spontanées. Et puis, les expériences de MM. Schwann, Schulze et Schræœder ne réussissaient que pour certains liquides. Bien plus, elles échouaient presque constamment et pour tous les liquides, comme je le dirai bientôt, lorsqu'on les pratiquait sur la cuve à mercure, sans que personne connût le motif de cet insuccès, ou pût y démêéler quelque cause d'erreur.
Aussi lorsque (?), postérieurement aux travaux dont je viens de parler, un habile naturaliste de Rouen, M. Pouchet, membre corres-