‹ Œuvres de PasteurChapitre 57 sur 138 · LU · texte numérisé non relu

LU

20 gr. sucre candi, gr. bitartrate d'ammoniaque, 0 gr. 5 cendres de levüre de bière, 1 litre d'eau pure.

20 gr. sucre candi, \ 1 gr. acide tartrique, 1 gr. nitrate de potasse, / 0 gr. 5 cendres de levüre, \ 1 litre d'eau pure.

C'est à la surface de ces liqueurs ou d'autres analogues que je semais les spores des mucé= dinées,

On peut remplacer le sel d'ammoniaque par un sel d'éthylamine. Mais je n'ai pas eu de développement des petites plantes en substituant les arséniates aux phosphates. J'ai mis sous les yeux de l’Académie, dans sa séance du 12 novembre 1869, des exemples variés de ces résultats *.

* Cette note ne figure pas dans les Annales des sciences naturelles. (Note de l'Édition.)

rien de languissant. Par la précaution de l'emploi d’un sel acide d’ammoniaque, on empêche le développement des infusoires, qui, par leur présence, arrêteraient bientôt le progrès de la petite plante, en absorbant l'oxygène de l'air, dont la mucédinée ne peut se passer. Tout le carbone de la plante est emprunté au sucre qui disparaît peu à peu complètement, son azote à l’'ammoniaque, sa matière minérale aux phosphates. Il y a donc sur ce point de l'assimilation de Pazote et des phosphates une complète analogie entre les ferments, les mucédinées et les plantes d’un organisme compliqué. C’est ce que les faits suivants achèveront de prouver d’une manière définitive.

Si, dans l’expérience que je viens de rapporter, je supprime lun quelconque des principes en dissolution, la végétation est arrêtée. Par exemple, la matière minérale est celle qui paraîtrait la moins indispensable pour des êtres de cette nature. Or, si la liqueur est privée de phosphates, il n’y a plus de végétation possible, quelle que soit la proportion du sucre et des sels ammoniacaux. C’est à peine si la germination des spores commence par l'influence des phosphates que les spores elles-mêmes, que l’on a semées, introduisent en quantité infiniment petite. Supprime-t-on de même le sel d’ammoniaque, la plante n’éprouve aucun développement. Il n’y a qu’un commencement de germination très chétive par l'effet de la présence de la matière albuminoïde des spores semées, bien qu'il y ait surabondance d’azote libre dans l’air ambiant ou en dissolution dans le liquide. Enfin, il en est encore de même si l’on supprime le sucre, l’aliment carboné, alors même qu'il y aurait dans l'air ou dans le liquide des proportions quelconques d'acide carbonique. Tout annonce-en effet que, sous le rapport de l’origine du carbone, les mucédinées diffèrent essentiellement des plantes phanérogames. Elles ne décomposent pas l'acide carbonique ; elles ne dégagent pas d'oxygène. L’absorption de l’oxygène et le dégagement de l’acide carbonique sont au contraire des actes nécessaires et permanents de leur vie.

Ces faits nous donnent des idées précises sur le mode de nutrition des mucédinées, à l’égard duquel la science ne possède pas encore d'observations suivies (!).

1. Un excellent observateur, M. Bineau, nous a laissé sur les algues vulgaires, plantes un peu supérieures aux mucédinées, et qui en différent surtout par la présence de la matière verte, les résultats suivants, qui montrent que les algues peuvent décomposer l'ammoniaque.

« M. Lortet a, depuis plusieurs mois, la complaisance de faire pour moi la récolte des eaux pluviales recueillies à Oullins, et de me l'expédier tous les huit ou quinze jours. A partir du commencement de mai, un brusque changement eut lieu dans la composition de ces eaux. L'ammoniaque y disparut totalement. J'en fis la remarque à M. Lortet, qui m'apprit alors que le flacon servant de récipient pour nos eaux avait commencé à présenter de ces produits orga-

D'autre part, et c’est là peut-être ce qu’il faut remarquer de préférence, ils nous découvrent une méthode à l’aide de laquelle la physiologie végétale pourra aborder sans peine les questions les plus délicates de la vie de ces petites plantes, de manière à préparer sûrement la voie pour l’étude des mêmes problèmes chez les végétaux supérieurs.

Lors même que l’on craindrait de ne pouvoir appliquer aux grands végétaux les résultats fournis par ces organismes d'apparence si infime, il n'y aurail pas moins un grand intérêt à résoudre les difficultés que soulève l’étude de la vie des plantes, en commençant par celles où la moindre complication d'organisation rend les conclusions plus faciles et plus sûres : la plante est réduite ici en quelque sorte à l’état cellulaire, et les progrès de la science montrent de plus en plus que l'étude des actes accomplis sous l'influence de la vie végétale ou animale, dans leurs manifestations les plus compliquées, se ramène en dernière analysé à la découverte des phénomènes propres à la cellule.

nisés verdâtres, dont le développement devient si fréquent sous l'influence de Ja température des saisons chaudes et de la lumière.

« J'ai fait alors des études spéciales au sujet de l'action des algues sur les sels ammonia- ‘caux et sur les azotates tenus en dissolution dans l’eau environnante. J'ai opéré, d'une part, sur l’algue que sa singulière texture réticulaire m'a fait aisément reconnaître pour l’hydrodictyon pentagonale, et, d'une autre part, sur une conferve aux longs filaments verts, qui paraît être la conferva vulgaris. 0

« Des quantités jugées à l'œil égales entre elles de chacune des deux espèces d'algues mentionnées furent enfermées dans des flacons à l’'émeri bien bouchés, d’un peu plus d’un demi-litre, avec 250 centimètres cubes d’eau contenant 12 millionièmes d'ammoniaque ajoutée à l’état de chlorhydrate et une quantité un peu moindre d’azotate de chaux. Les flacons furent ensuite exposés, les uns sur une fenêtre où ils recevaient les rayons du soleil, les autres dans le voisinage, mais dans l'obscurité.

« Après dix jours, le liquide de chaque flacon fut filtré et soumis à un essai ammonimétrique.

« On a trouvé que l’hydrodictyon avait fait disparaitre au soleil presque les trois quarts de l’ammoniaque, et la conferva vulgaris près de la moitié. A l'obscurité, l'absorption de l'ammoniaque fut environ moitié moindre. ;

« Dans aucun des liquides des flacons il ne resta la moindre trace appréciable d'azote.

« Un dégagement notable de bulles gazeuses s'était, comme d'habitude, manifesté sous l'influence des rayons solaires autour des plantes mises en expérience. » (Mémoires de l'Aca= déinie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, nouv. sér., III, 1853, p. 869.)

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