RÉPONSE (!) AUX NOTES DE M. TRÉCUL DES 30 DÉCEMBRE ET 13 JANVIER
Dans sa première Note (5), M. Trécul dit :
« …. la levüre de bière elle-même qui, pendant nombre d'années,
1. Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 30 décembre 1878, LXXXVII, p. 1099.
2. À propos d'une Réponse de Pasteur à Berthelot, au sujet des Notes posthumes de Claude Bernard (/bèd., p. 1053-1858. Voir plus loin : IV. Examen critique d'un écrit posthume de Claude Bernard sur la fermentation}, M. Trécul avait présenté des « Observations » (1bid., p. 1058-1059), dans lesquelles il s'était exprimé ainsi : «M. Pasteur, qui, tout à l'heure, partageait les êtres inférieurs en aérobies et anaérobies, rangeant les levüres dans les anaërobies, ajouta qu’il avait reconnu une troisième classe d'êtres, qui, suivant les circonstances, jouissent de la propriété de vivre à l'air ou à l'abri de l'oxygène. Je fis alors remarquer que l'établissement de cette troisième elasse d'êtres constitue une opinion toute nouvelle... »
3. Voir p. 142-147 du présent volume : Expériences et vues nouvelles sur la nature des fermentations.
4. Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 20 janvier 1879, LXXX VIII, p. 106-107.
5. Trécurz. Observations concernant la communication de M. Pasteur. {bid., séance du 50 décembre 1878, LXXX VIT, p. 1058-1059. (Notes de l'Édition.
fut, pour M. Pasteur, l'anaérobie par excellence, c’est-à-dire Le type des ferments où zymiques. »
Jamais je n’ai dit cela, cent fois j'ai dit le contraire. Invariablement, depuis 1861, l’année où j'ai signalé pour la première fois l'existence des anaérobies et opposé leurs propriétés aux aérobies, j'ai dit et prouvé que la levûre de bière était, suivant les conditions extérieures du milieu propre à sa nutrition et à son développement, tantôt aérobie, tantôt anaérobie.
Dans sa deuxième Note(t), M. Trécul dit:
«.…. À la page 1040 du tome LXXXVI des Comptes rendus (année 1878), on trouve que le vibrion septique se résout en corpusculesgermes qui vivent dans l'air et y sont conservés. »
Jamais je n'ai écrit cela; jamais je n’ai écrit que les corpusculesgermes du vibrion septique vivent dans l'air. C’est le contraire qui est écrit et prouvé à cette page 1040. Il est démontré dans la communication (2), et notamment à cette page 1040, que le vibrion septique ne peut vivre dans l'air, que l'air le tue et le détruit, que c’est un être
exclusivement anaérobie.
(M. Trécul répondit à Pasteur (?) :
« Je ne veux pas répondre aujourd’hui à M. Pasteur. Il me sera facile de prouver que notre confrère ne détruit aucune de mes objections. Je me bornerai à dire que l'alinéa de la page 1040 à 1041 qu'il vient de lire montre que les germes du vibrion septique ne redoutent pas l’action de l'oxygène, qui tue les vibrions eux-mêmes; que, par conséquent, ces germes ne sont pas tués par l'air, dans lequel ils sont conservés et par lequel ils sont dispersés et semés. Donc ils sont aérobies et les vibrions qu'ils produisent anaérobies. Il est en outre évident que, puisqu'il y a deux états bien distincts pour la même espèce, M. Pasteur n’était pas autorisé à établir une classification qui n'en comporte qu'un. »
Pasteur fit à M. Trécul les « Observations » suivantes :]
1. lRécuL. Existe-t-il, parmi les êtres inférieurs dont nous nous occupons, des espèces exclusivement aérobtes et d'autres exclusivement anaërobies ? Tous ces êtres doivent-ils être rangés dans deux classes ou dans trois, comme l’a successivement admis M. Pasteur, ou dans une seule, comme je l'ai indiqué dernièrement? 1bid., séance du 13 janvier 1879, LXXXVIIT, P. 04-58.
2. Pasreur. La théorie des germes et ses applications à la médecine et à la chirurgie. Comptes rendus de l'Académie des sciences, LXXX VI, 1878, p. 1037-1043. Voir tome VI des Œuvres de Pasteur.
3. Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 20 janvier 1879, LXXX VIII, p. 107. (Notes de l'Édition.